Le plongeon d'Eric Besson et Christine Lagarde au Web08

INTERNET Le secrétaire d'Etat au numérique français, a inauguré ce mercredi matin la deuxième journée du Web08, la grand messe des geeks organisée par Loïc et Géraldine Le Meur...

AA et VG

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Le secrétaire d'Etat au développement à l'Economie numérique, Eric Besson, a présenté lundi les grandes lignes du plan "France Numérique 2012", qui compte 154 mesures et constitue, selon lui, l'"une des réponses à la crise" actuelle.
Le secrétaire d'Etat au développement à l'Economie numérique, Eric Besson, a présenté lundi les grandes lignes du plan "France Numérique 2012", qui compte 154 mesures et constitue, selon lui, l'"une des réponses à la crise" actuelle. — Eric Feferberg AFP

Eric Besson, le secrétaire d'Etat au numérique français, a inauguré ce mercredi matin la deuxième journée du Web08, la grand messe des geeks organisée par Loïc et Géraldine Le Meur. Avant que la ministre de l'Economie Christine Lagarde n'apparaisse vers 15h pour enfoncer le clou et bien expliquer que le gouvernement est au chevet des web entrepreneurs.

Après avoir défendu les mesures en faveur de l'innovation dans le plan de relance de Nicolas Sarkozy, la ministre a plaidé pour que la communauté web fasse passer le bon message dans le monde: «il faut tuer les clichés associés à la France: le fait qu'on soit paresseux, qu'on ne prenne pas de risques et qu'on n'ait pas l'esprit entreprenarial.»

Le fils de Lagarde est dans le biz
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«Je pense que c’est dépassé, la France supporte l'innovation par ses mesures fiscales», a plaidé Lagarde, qui n'a pas fait le voyage pour rien: «je suis très contente d’être là parce que mon fils est dans votre business. Je ne connais pas bien son milieu. Et maintenant, je sais qui vous êtes.»

Presque deux mois après avoir présenté, à la place du président de la République, le plan France numérique, Besson s'était aussi confronté ce mercredi matin aux quelque 2.000 participants, comme l'avait fait Nicolas Sarkozy avant lui, en 2006, lorsqu'il n'était pas encore Président.

Lire aussi: le blog en direct du Web08

Des reproches mis sur la table

Lourdeur de l'administration française, impôts plombants, incompréhension des spécificités du Web par les pouvoirs publiques: tels sont les reproches qui n'ont pas manqué d'être adressés au secrétaire d'Etat au numérique lors de son intervention.

Difficile, quand on est homme politique français, de répondre au public du Web08, des professionnels de l'Internet qui viennent de tous les horizons (une trentaine de pays sont enregistrés) et qui comptent surtout beaucoup d'Américains. Or, dans l'univers du Web, les Etats-Unis demeurent la terre rêvée des start-up, l'endroit de tous les possibles et à la fiscalité facile.

L'entreprise française Netvibes, en s'exportant outre Atlantique, a déjà montré que l'Hexagone ne proposait pas les mêmes avantages. Même l'association Renaissance numérique déplore, ce mercredi matin dans un communiqué, l'absence d'Internet du plan de relance français.

Les start-up françaises pas assez boostées?


«Le débat sur la fiscalité est éternel, la crise est une opportunité pour le remettre à plat, a répondu Eric Besson, défendant «le statut fiscal et juridique français favorable aux start-up». A cette phrase, la salle pouffe. Le secrétaire d'Etat ne se démonte pas: «Deux points sont importants pour le développement du numérique français: d'une part, le bouclier fiscal, qui stipule que quelqu'un qui gagne de l'argent ne doit pas payer plus de 50% de taxes sur ce qu'il gagne. D'autre part, ceux qui paient l'impôt sur la fortune peuvent être exonérés s'ils investissent dans des start-up».

Un peu plus tard dans la matinée, Maurice Levy, le patron de Publicis, se montre rassurant: «on peut toujours surmonter les contraintes françaises. Je ne connais personne qui, à condition d'avoir la pêche et une bonne idée, n'a pas réussi à commencer en France.»

Malgré les arguments avancés, la salle n'est pas convaincue, et cite l'exemple de Loïc Le Meur lui-même, Français expatrié à San Francisco.

«L'Etat ne fait pas que mettre de l'argent dans le numérique mais créé un environnement favorable pour le développement futur du numérique, compatible avec le respect des libertés individuelles», justifie Eric Besson. Qui n'oublie pas, à la fin de son intervention, d'offrir un exemplaire de son livre «La République numérique» (éd. Grasset) à Loïc Le Meur. Promotion assurée.