L'alerte aux téléphones portables est prématurée
TELEPHONE•L'article du quotidien Le Soir, qui dit que le téléphone nuit à la santé, est journalistiquement survendu et scientifiquement prématuré...David Carzon
Le téléphone portable nocif à long terme? Le quotidien belge Le Soir en a fait ses gros titres, mais sûrement trop tôt. Le journal a mis en avant ce mercredi les premiers résultats d'Interphone, l'étude menée dans treize pays pour établir une éventuelle relation entre l'usage du mobile et certaines formes de cancer. Et ces premières données feraient état d'une nocivité établie du portable en cas d'usage prolongé et pour ceux qui utilisent un portable depuis plus de 10 ans.
Sauf qu'il s'agit de résultats partiels, établis uniquement sur la Scandinavie et le Royaume-Uni, et disponibles en PDF. Ces résultats étaient disponibles depuis plusieurs mois et ont été synthétisés il y a une semaine par le Centre international de recherche sur le cancer qui mène l'étude Interphone.
Résultats prématurés
«Ce sont des résultats qui demandent à être affinés, on ne peut pas en déduire de certitudes statistiques, explique Françoise Boudin, directrice de la fondation Santé et Radiofréquences. Ce qu'ils montrent, c'est qu'il n'y a pas de surcroit de cancer de manière globale, mais des tendances inquiétantes sur les utilisateurs les plus fréquents ou les plus anciens. Les échantillons testés sont trop faibles pour en tirer des conclusions mais cela mérite qu'on y regarde de plus près.» Les chercheurs expliquent également que les méthodes déclaratives utilisées pour conduire l'étude demandent à être analysées.
Les résultats définitifs d'Interphone qui croiseront les données recueillies dans tous les pays devraient être connus en 2009. On saura s'il y a lieu d'aller plus loin que les simples conseils de prudence en vigueur aujourd'hui.



















