La Licra saisit la justice après un tweet raciste posté par Renaud Camus, le chantre du «grand remplacement»

RACISME « Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés en moins en Méditerranée, 100.000 euros d’économie pour la Caf, deux cellules de prisons libérées et 3 cm de banquise préservée », a tweeté le polémiste

H. B.

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L'écrivain et polémiste d'extrême droite Renaud Camus.
L'écrivain et polémiste d'extrême droite Renaud Camus. — Jean-Pierre Muller AFP

« Des propos ignobles ». La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a annoncé avoir saisi la justice à la suite d’un tweet posté par Renaud Camus, le chantre du « grand remplacement ». « Une boîte de préservatifs offerte en Afrique, c’est trois noyés en moins en Méditerranée, cent mille euros d’économie pour la Caf, deux cellules de prisons libérées et trois centimètres de banquise préservée », a tweeté le jeudi 18 avril l’écrivain et polémiste d’ extrême droite.

Un tweet ouvertement raciste immédiatement condamné par plusieurs associations antiracistes et de nombreux internautes, mais qui n’a pourtant pas été supprimé de Twitter.

« Chez les Camus, on préfère Albert », a ironiquement tweeté cette semaine la Licra, en annonçant son intention de saisir la justice.

Déjà condamné pour provocation à la haine ou à la violence

Théoricien du « grand remplacement » (par l’immigration) qui menacerait selon lui la civilisation française, Renaud Camus a annoncé début avril son intention de conduire une liste aux élections européennes, avec Karim Ouchikh, président du micro-parti identitaire Siel (Souveraineté, identités et libertés). Avec sa liste nommée « la Ligne claire », en opposition à « l’opacité » des autres listes, il dénonce « l’immigration de masse et l’islamisation » qui selon lui annoncent un « génocide par substitution » et propose la « remigration », c’est-à-dire le retour des immigrés dans leur pays d’origine.

Renaud Camus a déjà eu affaire à la justice par le passé. En 2015, il a été condamné en appel à 4.000 euros d’amende pour provocation à la haine ou à la violence contre la population musulmane pour des propos tenus en 2010. Il a en outre été condamné à verser 500 euros de dommages et intérêts au Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples).