31 cinéastes défendent le scénario de riposte graduée de Christine Albanel
TELECHARGEMENT•Alors que les députés examinent la loi cet automne, le camp des artistes se mobilise...V.G.
C’est l’heure de la riposte pour les cinéastes français. Jusqu’à présent muets au sujet du projet de loi «Création et culture» sur le téléchargement, 31 cinéastes réagissent ce mardi dans une tribune du «Monde» pour contrer les arguments des opposants au dispositif de riposte graduée.
Les cinéastes défendent farouchement le projet de Christine Albanel, issu des accords Olivennes qu’ont signés des représentants du 7e art. «Nous ne sommes pas prêts à sacrifier à la mode de la gratuité de la culture, qui reste une escroquerie intellectuelle, et à nous résoudre à voir les capacités de création de notre pays battues en brèche et laminées», écrit le groupe des 31, qui réunit la fine fleur du cinéma français, dont Alain Corneau, Costa-Gavras, Claude Lelouch ou Bertrand Tavernier.
«Révoltés»
«Est-il liberticide de soutenir un texte qui se propose de substituer aux peines de prison actuellement prévues des messages d'avertissement et éventuellement une suspension d'abonnement aux internautes qui téléchargent illégalement nos oeuvres?», demandent-ils avant de se déclarer «révoltés par une telle analyse».
Les cinéastes estiment que la riposte graduée n’a «pas pour contrepartie (…) l'abaissement des libertés individuelles et publiques, qui resteront préservées de tout filtrage généralisé des réseaux et seront garanties».
«Pillage»
L’appel des 31 insiste aussi sur les failles de la licence globale, le dispositif alternatif proposé par de nombreux opposants au projet d’Albanel: «Face à cette nouvelle proposition adaptée et graduée, nous sommes frappés par le mutisme de ceux qui, pour légaliser le pillage des oeuvres, ont ressorti le modèle de la licence globale pour la musique mais qui, en revanche, n'ont aucune proposition concrète et alternative au financement actuel des films et à la rémunération des cinéastes».
Cet appel vient s'ajouter à celui des chanteurs fin juin dans «Le Journal du Dimanche». Etienne Daho, Johnny Hallyday, Charles Aznavour ou encore Diam’s se disaient «très inquiets» par le téléchargement illégal de leurs oeuvres.
Qu’en pensez-vous? Les cinéastes ont-ils raison de défendre le projet de Christine Albanel et de repousser le terme de «liberticide»?



















