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«Quand la science n'a pas toutes les réponses, il vaut mieux réduire l'exposition aux ondes»

«Quand la science n'a pas toutes les réponses, il vaut mieux réduire l'exposition aux ondes»

TELEPHONEL'Afom, l'Association française des opérateurs mobiles, réagit...
Alice Antheaume

Alice Antheaume

Faut-il avoir peur des téléphones portables? Provoquent-ils des tumeurs? Difficile à dire tant qu’il n’y a pas d’étude avérée sur le sujet. Pourtant, l’appel à la prudence de vingt scientifiques et les dires du Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem) ne rassurent pas. D’autant que sur le Net pullulent des articles flippants.


Il y a «la possibilité d’un risque faible d’effet sanitaire lié aux téléphones mobiles après une utilisation intense et de longue durée (plus de dix ans)», a reconnu le ministère de la Santé en janvier 2008. Un risque faible, donc, mais pas de «preuve scientifique d’un danger car on manque encore de recul. S'il y avait un risque fort, ça ferait longtemps qu'on en aurait entendu parler», explique l’Afom, l’Association française des opérateurs mobiles, interrogée par 20minutes.fr.


Principes de précaution

«Quand la science n’a pas toutes les réponses, il vaut mieux réduire l’exposition aux ondes, même si le danger n’est pas avéré, reprend l’Afom, et appliquer des principes de précaution.» Comme mettre un kit mains libres plutôt que de coller son téléphone à son oreille (les fabricants en mettent maintenant dans les boîtes) ou choisir un téléphone doté d’un indice réduit de débit d’absorption spécifique (DAS), le niveau de radiofréquences émises par le portable vers l’usager, ce qui est indiqué sur les notices. Autre conseil: «Téléphoner quand on a une bonne réception, précise l’Afom. Quand quatre barrettes s’affichent sur l’écran, il y a moins d’ondes émises.» Plus le téléphone a du mal à capter le signal, plus il émet d’ondes.


Impossible aussi de savoir à partir de combien d’heures mensuelles de conversation cela peut engendrer des risques. Même l’OMS (Organisme mondial de la santé) ne quantifie pas cette durée.

Et pour les enfants alors?

Les scientifiques préconisent de ne pas laisser les moins de 12 ans utiliser des portables. Le Criirem pense qu’avant 15 ans, ce n’est pas raisonnable. Parce que le crâne des jeunots serait plus perméable aux ondes que leurs aînés. «Une grande absorption des ondes ne signifie pas qu’il y a danger», rappelle l’Afom. Dans l’incertitude, les opérateurs doivent-ils interdire aux parents l’achat de portables à leurs progénitures? «L’interdiction n’aurait aucun fondement scientifique et serait inapplicable, répond l’Afom. On voit mal comment dire non à ceux qui auront 11 ans et demi et oui à ceux qui ont 12 ans. On croit plus à une démarche de sensibilisation des parents via des brochures pour qu’ils sachent que le téléphone n’est pas anodin pour un enfant, socialement aussi.»


Lobby?

Enfin, une rumeur est tenace: et si les opérateurs de téléphone formaient un lobby si puissant qu’ils court-circuiteraient toute étude mauvaise pour le marché des portables? «Discours facile, riposte l’Afom. Si les opérateurs de téléphone finançaient des études, on les soupçonnerait d’influencer les résultats. Et s’ils ne participent pas aux études, tout le monde pense qu’ils se fichent de la santé des gens.» Pour résoudre le dilemme, les pouvoirs publics ont créé une instance appelée Santé Radiofréquences avec des experts indépendants, mais à laquelle les opérateurs doivent verser de l’argent.