Twitter bannit à son tour le complotiste américain Alex Jones

WEB Le fondateur du site conspirationniste InfoWars est exclu pour son «comportement abusif» sur le réseau...

P.B.

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L'animateur américain Alex Jones, le 17 avril 2017 à son arrivée au tribunal, à Austin, au Texas.
L'animateur américain Alex Jones, le 17 avril 2017 à son arrivée au tribunal, à Austin, au Texas. — Tamir Kalifa/AP/SIPA

Il avait déjà été déclaré persona non grata sur Facebook, YouTube et Apple Music. Jeudi, Twitter a banni à son tour le complotiste Alex Jones, proche des milieux nationalistes américains. Twitter, qui avait pourtant fait de la résistance, indique que Jones et son site InfoWars ont enfreint son règlement par leur « comportement abusif ».

Une dernière provocation semble avoir scellé son sort. Dans une vidéo en direct, jeudi, il a harangué l’élu Marco Rubio et surtout le journaliste de CNN Oliver Darcy, le comparant « aux jeunesses hitlériennes » et l’accusant d’être « anti-américain ».

Le roi des théories du complot

Fervent supporteur de Donald Trump et proche de l’alt-right, Alex Jones a bâti un empire médiatique en surfant sur les théories du complot. Il a notamment été attaqué en justice par des parents d’enfants tués à l’école Sandy Hook, pour avoir affirmé que la fusillade avait été mise en scène par le gouvernement américain avec des acteurs.

Si les géants du Web lui ont déclaré la guerre, c’est loin d’être la fin pour lui. 48 heures après l’action de Facebook et Apple, l’app InfoWars – elle toujours autorisée – avait été massivement téléchargée sur iOS, grimpant en 4e place des charts. Et ses vidéos sont désormais hébergées sur la plateforme Real. video, refuge de nombreuses voix polémiques.

Les géants du Web accusés de censure

Surtout, ses revenus, qui s’élèvent à plusieurs millions de dollars par an, selon des estimations, ne dépendent pas de la publicité. Alex Jones s’est lancé dans la commercialisation de suppléments alimentaires censés booster la virilité, qu’il vend directement sur son site.

En plein débat sur ce qui est dénoncé par Donald Trump et plusieurs élus comme une censure des géants du Web contre les opinions conservatrices, Alex Jones devrait exploiter sans mal son rôle de martyre. Mercredi, le ministre de la Justice Jeff Sessions a d’ailleurs indiqué qu’il comptait discuter avec plusieurs procureurs fédéraux « de l’inquiétude grandissante que ces sociétés puissent mettre à mal la libre concurrence et étouffent intentionnellement les échanges libres des idées sur leurs plateformes ».