Une banque alimentaire pour l’industrie du disque
MUSIQUE?•Universal s'allie à la Société génerale pour lancer une carte bancaire qui fait aussi téléchargement illimitée...David Carzon
Une carte bancaire qui permet de retirer de la musique. C’est le nouvel atout sorti mercredi de la manche de Pascal Nègre, patron d’Universal. La major, leader sur le marché du disque, s’allie avec la Société générale pour lancer So Music, la première carte qui associe une offre bancaire classique, une offre de téléchargement illimitée, et l’accès à une sorte de clubs (promotions sur les CD, places de concerts, jeux, web TV…).
Tout cela n’est pas totalement gratuit: il en coûtera 2,50€ par mois pour pouvoir télécharger en illimité parmi un des neuf genres musicaux du catalogue Universal, et 4,99 € pour télécharger parmi tous les genres. Plus l’abonnement à la carte. Il s’agit pour la maison de disques et la banque de toucher une population jeune qui vient dans une banque pour avoir sa première carte bleue. « Nous voulons offrir des services en adéquation avec les attentes de nos clients», explique-t-on à la Société Générale.
Tremplin
Universal pousse les services un peu plus loin sur les simples réductions puisque les adhérents musiciens pourront à partir de l’automne déposer leurs maquettes en ligne. « Ecoute et commentaire garantis par les directeurs artistiques d’Universal Music», promet la maison de disques. Une carte bancaire comme tremplin rock... On aura tout vu.
Cette offre illustre en tout cas la volonté des maisons de disque de diversifier leurs revenus. «Ce mouvement remonte aux années 1980 quand cette industrie a voulu valoriser son marché autrement qu’en vendant des galettes, note Emmanuel Torregano, le fondateur de www.electronlibre.info. L’objectif est de créer un modèle économique avec des revenus récurrents, non plus basé sur les succès éventuels des artistes.»
Lessive
Résultat, Universal comme Sony-BMG, Warner, EMI ou les indépendants multiplient les sources de revenus en s’associant aux opérateurs, constructeurs de mobiles ou fournisseurs d’accès à Internet… Et parfois l’association peut aller encore plus loin. L’an dernier, Universal s’était associée avec la lessive Bonux pour offrir en cadeau, de la musique gratuite à télécharger.
«Universal est en pointe car elle truste 41 % du marché et qu’elle peut se permettre d’y aller seule, explique Emmanuel Torregano. Cela implique que le consommateur n’a plus accès une offre globale, il y a un phénomène d’exclusivité. Aujourd’hui, la musique n’est plus un bien. C’est un dû.»


















