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Le retrait de Microsoft laisse Yahoo! en pleine tempête
HIGH-TECH – Le cours de bourse chute, les actionnaires grondent…Avec agence
Tempête sur Yahoo! L’action du moteur de recherche a été copieusement chahutée lundi à la bourse de New York, chutant sans surprise de 13,25% (à 24,37 dollars), alors que des actionnaires de la firme grondent contre le PDG Jerry Yang accusé d’avoir été trop gourmand face à l’offre de rachat de Microsoft.
Après l'avoir courtisé pendant trois mois, Microsoft, leader mondial des logiciels, a retiré ce week-end son offre d'achat devant le refus de Yahoo! qui jugeait le prix trop bas. Microsoft avait pourtant relevé son offre à 33 dollars par action, mais les dirigeants de Yahoo! n'ont pas voulu descendre sous 37 dollars.
Yahoo! a annoncé lundi soir que l'assemblée annuelle de ses actionnaires se tiendrait le 3 juillet. Elle s’annonce extrêmement houleuse et très périlleuse pour Jerry Yang qui va devoir affronter la colère de plusieurs grands actionnaires du groupe qui se disent déçus de l'échec des négociations avec Microsoft, et laissent entendre qu'ils auraient accepté un rachat à 34 ou 35 dollars par action.
Un combat personnel anti-Microsoft, selon des actionnaires
Dans une interview dimanche au New York Times, Bill Miller, gérant chez Legg Mason, 2e actionnaire de Yahoo! avec 7% du capital, a souligné que «s'il y avait eu une offre ferme de 34 ou 35 dollars, nous l'aurions regardée». D'autres actionnaires sont encore plus revendicatifs: Yahoo! est confronté à sept plaintes déposées après son premier rejet de l'offre de Microsoft, en février.
De petits actionnaires reprochent aussi à Jerry Yang d'avoir mené un combat personnel anti-Microsoft sans se soucier de leurs intérêts. «Je ne pense pas que Jerry Yang, comme fondateur, émotionnellement attaché au groupe, cherchait vraiment mon meilleur intérêt d'actionnaire», a commenté dans la presse Darren Chervitz, codirigeant de Jacob Internet Fund, qui détient 150.000 actions Yahoo!. «Je ne pense pas que Yahoo! puisse proposer quoi que ce soit qui soit comparable avec l'offre de Microsoft».
Et si Microsoft revenait à la charge?
Jerry Yang doit maintenant prouver à ses actionnaires qu'il peut redresser le groupe et son cours en restant indépendant, alors qu'il ne cesse de perdre du terrain face au grand rival Google. Il doit vite annoncer une initiative choc rapidement, comme un accord commercial avec Google, ou encore une alliance avec AOL, filiale de Time Warner, selon les analystes.
Une dernière option serait que Microsoft représente son offre, à la faveur de la fronde des actionnaires. Une partie du marché pariait sur ce schéma, limitant la chute du titre lundi.


















