Qui va payer la taxe Internet?

Alice Antheaume

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A l'occasion de la rentrée des classes, période clé pour les ventes d'ordinateurs, la grande distribution multiplie les offensives commerciales, jouant la carte de prix attractifs pour séduire les jeunes et leurs parents.
A l'occasion de la rentrée des classes, période clé pour les ventes d'ordinateurs, la grande distribution multiplie les offensives commerciales, jouant la carte de prix attractifs pour séduire les jeunes et leurs parents. — Francois Guillot AFP/Archives

Depuis que Nicolas Sarkozy a lancé l’idée d’«une taxe infinitésimale sur le chiffre d'affaires de nouveaux moyens de communication» pour financer le manque à gagner de l’audiovisuel public une fois qu’il sera dépourvu de ses revenus publicitaires (1,2 milliard d’euros à trouver pour France Télévisions et 45 millions pour Radio France), on s’arrache les cheveux pour savoir qui fera l’objet de cette taxe.
«Il y a des ressources, explique ce vendredi Christine Albanel, ministre de la Culture. La téléphonie mobile seule et les abonnements internet, c'est autour de 20 milliards d'euros. Tous les équipements télés, ordinateurs, c'est 17 milliards d'euros
Mais en réalité, rien n’est encore déterminé. «On est en phase de brainstorming, confie-t-on au ministère de la Culture et la Communication, mais plusieurs ministères travaillent dessus.»

Le 8 janvier dernier, le président de la République parlait de «l’accès à l’Internet ou la téléphonie mobile». En ce cas, les fournisseurs d’accès à l’Internet et les opérateurs de téléphonie mobile seraient visés.

Une autre option?

Or, selon «Les Echos», la taxe pourrait aussi concerner le matériel high-tech, comme les téléviseurs, les ordinateurs et les téléphones portables. «En taxant les 17 milliards de chiffre daffaires de ce marché de 1 à 2%, l'Etat percevrait 170 à 340 millions d'euros.» Pour le grand public, cette taxe se répercuterait par un surcoût de 15 à 30 euros à l’achat (calcul à partir d'un téléviseur LCD de 775 euros).

Selon Christine Albanel, la taxe serait moindre. Le Président a parlé «de taxes infinitésimales», a-t-elle rappelé. «C'est-à-dire que jamais on ne dépasserait un maximum de 1%.»

Autre possibilité envisagée par la ministre de la Culture: «taxer les recettes de publicité supplémentaires des chaînes privées», celles qui devraient bénéficier d'un surplus d'annonceurs - lesquels auront été délogés des cases de France Télévisions. Elles seraient alors «taxées à hauteur de ce qu'elles vont recevoir en plus

En attendant d’en savoir plus, le ministère de la Culture nous confiait qu'il «travaillait en priorité sur les deux options élaborées par le Président mais que les champs de réflexion ne sont pas limitatifs.»