Seins censurés: Facebook retire une photo de téton tatoué… avant de s’excuser

PHOTO Le réseau social a retiré des photos de tatouages de mamelons par erreur... 

Oihana Gabriel
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Capture d'écran de la page Adept Tatoos, qui dévoile le travail d'Amber Thorpe qui tatoue des mamelons pour des femmes qui ont souffert d'un cancer du sein.
Capture d'écran de la page Adept Tatoos, qui dévoile le travail d'Amber Thorpe qui tatoue des mamelons pour des femmes qui ont souffert d'un cancer du sein. — Facebook

Un sein sauvagement tété par un bambin, ça passe. Un téton tatoué sur la poitrine d’une femme qui a subi une mastectomie, moins. On peut dire beaucoup de choses sur Facebook, en revanche ne vous avisez pas à faire du sein nu ! La politique puritaine souvent critiquée du premier réseau social mondial de nouveau joué un tour à Facebook.

Des photos de femmes après un cancer du sein

Une tatoueuse a fait les frais ces derniers jours de la censure du réseau social parfois étonnante, dévoile le Huffington Post. Amber Thorpe parcourt les salons au Royaume-Uni et propose aux femmes qui ont subi une reconstruction mammaire de dessiner un mamelon et colorer l’aréole sur leur poitrine. Depuis huit ans, cette tatoueuse aide au moins une fois par semaine une ancienne malade d’un cancer du sein.

Et Amber avait posté sur sa page Facebook quelques photos de seins tatoués pour faire connaître son travail. Mais à plusieurs reprises, elle a vu ses œuvres disparaître du réseau social. Or, la tatoueuse précise à CBC que les réseaux sociaux sont le meilleur moyen pour ces femmes qui veulent obtenir un tatouage de mamelon de la trouver. Et qu’elle a reçu un large soutien sur la Toile.

Les photos finalement acceptées

Mais après avoir retiré ces clichés, le réseau social est revenu sur sa décision… et a même présenté ses excuses à Amber Thorpe.

Un porte-parole de Facebook a d’ailleurs souligné à CBC que « les photos ont été retirées par erreur et rétablies dès que nous avons pu faire enquête. Notre équipe reçoit des millions de signalements par semaine et parfois, nous faisons fausse route ». Car les contenus jugés choquants sont signalés par les utilisateurs… Mais le réseau social décide ensuite s’il faut ou non effacer les photos « osées ».

Des critères précis… mais pas respectés

Mais dans ce cas précis, le réseau social a fait preuve dans un premier temps de zèle extrême ou de négligence. Si on suit les critères, déjà très restrictifs,des standards de la communauté Facebook : « Nous supprimons les photographies présentant des organes génitaux ou des fesses entièrement exposées. Nous limitons également certaines images de poitrines féminines si elles montrent le mamelon, mais nous autorisons toujours les photos de femmes qui défendent activement l’allaitement ou qui montrent les cicatrices post-mastectomie de leur poitrine. Nous autorisons également les photos de peintures, sculptures et autres œuvres d’art illustrant des personnages nus. Les restrictions sur l’affichage de nudité et d’activité sexuelle s’appliquent également au contenu créé numériquement, sauf si le contenu est publié à des fins éducatives, humoristiques ou satiriques ».

La volte-face du réseau social est-elle le signe que le réseau social ne supprimera plus à l’avenir tout bout de téton sans distinction ? Certains internautes veulent le croire.

Ouf, les tétons des hommes sont autorisés

Et ce n’est pas la première fois que Facebook se prend les pieds dans le tapis de la pudibonderie. Et qu’il assure que tout va changer ! En octobre dernier, une association suédoise de lutte contre le cancer s’était ému de voir une vidéo pédagogique censurée sur Facebook. Car sur ces images, jugées trop choquantes, une femme faisant les gestes nécessaires pour détecter des kystes éventuellement suspects. Devant la bronca, le réseau social avait assuré qu’il allait assouplir ses critères de publication d’images de corps nus. Un bouleversement encore peu visible…


Autre illustration cocasse de cette pudibonderie extrême, en octobre dernier, la rédaction du Monde avait décidé de remplacer l’illustration dévoilant une mammographie (avec un sein nu donc !)… par un torse d’homme pour un article sur le cancer du sein. Une stratégie pour éviter la censure systématique de Facebook… et la dénoncer. En effet, le réseau social censure tout bout de téton féminin… mais accepte tout torse nu masculin. Pour expliquer sa démarche, la page du Monde avait donc légendé cette photo : « Facebook ayant censuré l’image de mammographie qui accompagnait l’article, nous la remplaçons par une image de torse nu d’homme qui, elle, ne viole pas les conditions d’utilisation du réseau social ».

Facebook: Après une nouvelle censure d'un sein, le réseau social va (enfin) assouplir ses règles