VIDEO. L'interne qui dénonce la gestion des hôpitaux travaille-t-elle dans le privé?

SANTE Une interne qui dénonce le manque de moyens des hôpitaux publics via des vidéos virales est attaquée par le directeur de l'AP-HP...

O. G.

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Capture d'écran de la vidéo sur facebook de l'interne Sabrina Ali Benali, qui dénonce le manque de moyens dans les hôpitaux publics.
Capture d'écran de la vidéo sur facebook de l'interne Sabrina Ali Benali, qui dénonce le manque de moyens dans les hôpitaux publics. — Facebook

« Ça y est, nous dérangeons, le vent commence à souffler ! » C’est le titre de la nouvelle vidéo postée mercredi soir sur Facebook par Sabrina Ali Benali, une interne qui dénonce depuis octobre le manque de moyens des hôpitaux publics via des vidéos virales. Et dont la renommée a explosé depuis le 11 janvier : sous le pseudo Sabrina Aurora, cette interne a posté une vidéo-coup-de-gueule sous forme de message à Marisol Touraine sur Facebook… vue 11 millions de fois.

Retrouvez la polémique de A à Z en vidéo

En cause ? La politique de réduction des effectifs de Marisol Touraine et surtout la situation de crise des urgences. « C’est tous les jours l’état d’urgence, Madame Touraine », s’insurge l’étudiante en médecine. Et depuis que cette vidéo a fait le tour de la Toile, la jeune femme parcourt les plateaux et les rédactions pour porter haut son message de ras-le-bol et témoigner de son quotidien de soignante dans les hôpitaux publics.

Interne dans le public ou dans le privé ?

Si Marisol Touraine n’a pas répondu à ces attaques, depuis mercredi, la réplique s’organise. Evitant de répondre sur le fond, le directeur général de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a semé le doute sur l’identité de cette femme, présentée partout comme une interne d’un hôpital public… alors qu’elle travaillerait dans un hôpital privé. Martin Hirsch a en effet rétorqué au micro de France Inter, pendant l’émission Le Téléphone Sonne de mercredi soir : « J’ai sursauté en entendant cette interne présentée comme une interne de l’AP-HP. (…) Dans quel service ça se passe si mal ? A ma grande surprise, elle n’est pas à l’AP-HP, là elle est dans un hôpital privé à but non lucratif (…). Elle est [à l’AP-HP] de temps en temps. Mais pas sur le dernier semestre. »

Martin Hirsch espérait sans doute mettre fin à la subite renommée de Sabrina Ali Benali, dont le message trouve un écho si fort sur les réseaux sociaux. Mais l’interne attaquée a, dans la foulée, posté une nouvelle vidéo sur Facebook. Qui est rapidement devenue virale : 430.000 vues ce jeudi matin. Elle y réplique qu’elle dépend bien de l’AP-HP : « Les internes changent d’hôpital tous les six mois. En l’occurrence, l’hôpital [où elle travaille] est bien affilié à l’AP-HP. » Et l’étudiante de montrer à la caméra sa fiche de paie qui affiche bien décembre 2016 et le logo de l’AP-HP. Et Sabrina de poursuivre : « Les nombreux exemples que j’évoque dans mes vidéos et dans mes interviews sont tirés des expériences vécues à l’intérieur d’un hôpital de l’AP-HP que je ne citerai pas. »

Une responsable du Parti de Gauche

Mais l’opération de discrédit ne s’arrête pas là. Sabrina Ali Benali, qui poste des vidéos depuis le mois d’octobre pour protester contre ses conditions de travail et le traitement des patients, répond également à Gabriel Attal, conseiller de Marisol Touraine. Ce dernier aurait tweeté pour rappeler que Sabrina Ali Benali n’est autre que la responsable de la santé au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, « quand une prétendue interpellation citoyenne apolitique se révèle être une manipulation politicienne ». Un tweet actuellement introuvable sur le réseau, peut-être effacé depuis. En revanche, il a retweeté le post de l’AP-HP :

L’interne rétorque qu’elle n’a jamais dissimulé son rôle au sein du Parti de Gauche, mais qu’elle a précisé dès le début qu’elle ne faisait « aucun prosélytisme et qu’elle ne parle que de son expérience de soignante ».

Sur Twitter, beaucoup d’internautes défendent la vraie/fausse interne de l’AP-HP.

Certains d'entre eux estiment que ses convictions politiques ne discréditent pas son coup de gueule de professionnelle de la santé.

Pas de réponse sur le fond

Pour elle, pas de doute : le problème n’est pas son statut, mais la surdité des autorités face au malaise des hôpitaux publics. Elle regrette dans sa vidéo qu'« au lieu de répondre sur le fond quant aux manques de moyens, il préfère tenter de me discréditer ».

Pendant l’interview, sur France Inter, Martin Hirsch avait tout de même concédé en parlant de ces hôpitaux surchargés : « [Cela] ne veut pas dire que tout va bien à l’AP-HP ». Pas sûr que cette phrase suffira à calmer cette interne en colère et à rassurer les nombreux internautes qui répercutent son message.

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