Y’a pas photo (de campagne) pour Michèle Alliot-Marie!
POLITIQUE•Une photo de jeunes manifestants chiliens utilisée pour la campagne « Les jeunes avec Michèle Alliot-Marie », un raté relayé sur la twittosphère…Virginie Lorentz
C’est l’histoire d’une photo destinée à promouvoir une campagne électorale. Sauf que c’est une photo complètement sortie de son contexte. Prise au Chili en mai 2015 lors du mouvement de protestation étudiant où deux jeunes gens ont perdu la vie, la photo s’est retrouvée aux premières loges de la campagne électorale de Michèle Alliot-Marie.
En guise de jeunes sympathisants gaullistes « pro MAM », prenez de jeunes manifestants chiliens et accolez-y « Les jeunes avec Michèle Alliot-Marie », vous obtiendrez la stupéfaction d’un abonné Twitter. Pierre Bedouelle, 23 ans, n’a eu qu’une simple manipulation à faire – un copier-coller sur Google images – pour découvrir le pot aux roses. Et c’est le tweet du jour !
Après les étudiants chiliens, des étudiants italiens…
Selon le twitto, « la jeunesse est un élément marketing pour les politiques ». Même s’il trouve cette histoire cocasse, il pense que cela en dit long sur les pratiques des politiciens… Et quand l’équipe de com' de l’ancienne ministre s’aperçoit du cliché un peu incongru de sa candidate, elle le remplace aussitôt par un autre, émanant cette fois de la banque d’images Shutterstock. Là encore, Pierre Bedouelle mène son enquête et découvre qu’il s’agit d’étudiants italiens…
Une photo simplement libre de droits
L’équipe de campagne de Michèle Alliot-Marie elle, s’étonne de voir que « des faits si futiles puissent retenir l’attention du public ». Florimond Olive, en charge de la com' de MAM, répond à 20 Minutes : « Cette photo a été choisie par notre agence de communication dans une base de données libre de droits avec des mots-clefs simples comme jeunes, rassemblement, France. Les photos libres de droits sont primordiales pour se couvrir juridiquement ».
Autre point soulevé par Florimond Olive : le budget. Selon lui, les séances photos professionnelles représentent un coût non négligeable pour une campagne. Lorsque nous évoquons l’éventualité d’une séance gratuite avec de jeunes sympathisants désireux de céder leur droit à l’image, Florimond Olive revient sur les questions juridiques. Enfin il conclut : « En cette période électorale, il y a des sujets bien plus intéressants et préoccupants pour les Français. »


















