VIDÉO. Pourquoi la nouvelle campagne de l'association Peta scandalise les victimes de viol

PROVOCATION Dans une vidéo publiée le 2 novembre dernier, l’association Peta compare le sort des vaches inséminées aux femmes victimes de viol…

H.S.

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Capture d'écran de la nouvelle campagne lancée par l'association Peta pour la défense des droits des animaux.
Capture d'écran de la nouvelle campagne lancée par l'association Peta pour la défense des droits des animaux. — Peta

L’association de défense des animaux, Peta (« Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux »), a construit sa notoriété par le ton provocateur de ses campagnes et ses actions « coup de poing ». En publiant le 2 novembre dernier sur son compte Twitter, une nouvelle vidéo visant à dénoncer les conditions de vie des vaches inséminées, l’ONG n’a pas dérogé à la règle.

Dans ce spot d’une minute, cinq femmes, filmées en noir et blanc, prennent la parole pour évoquer, sans nommer explicitement le viol, une expérience traumatisante. « Un homme me retenait pendant qu’un autre me touchait. J’étais tellement effrayée. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait de mal. Après ça, j’avais le sentiment de n’être plus rien. Je suis tombée enceinte. Ils ont usé de mon corps pour gagner de l’argent (…) Je ressens tout et je me sens bonne à rien. Je suis comme vous mais différente », déclarent les actrices avant de présenter à la caméra la photographie d’une… vache.

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Ce n’est qu’à la fin du film que le mot viol est ouvertement avancé pour décrire l’insémination artificielle forcée des animaux. Partagée 1.200 fois sur Twitter, la vidéo a immédiatement suscité l’indignation de femmes victimes de viol aux Etats-Unis puis en France.

« Aucune victime d’agression sexuelle ne devrait avoir à subir cette comparaison entre leur traumatisme et celui d’un animal, nous avons déjà été déshumanisés », écrit cette internaute.

« Combien de victimes travaillent pour @peta ? Et vous pensez quand même que cette publicité est normale ? Il y a tellement de façons de faire passer un message. C’est mal », poursuit ce dernier. Muette dans un premier temps, l’association a fini par répondre en expliquant que « reconnaître que les animaux sont victimes de sévices sexuels pour produire de la viande et des produits laitiers ne signifie pas nier la gravité des abus sexuels à l’encontre des humains ».

Ce n’est pas la première fois que l’ONG suscite la polémique. Le 14 octobre dernier, au lendemain des révélations sur Donald Trump se vantant de pouvoir « attraper la chatte » des femmes, l’association avait récupéré l’expression du candidat républicain pour inciter les internautes à adopter des chats.