Lille: L'association Peta demande de rebaptiser la rue du Jambon

DÉBAT La rue du Jambon, à Lille, est dans le collimateur des défenseurs des animaux...

Olivier Aballain

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Jambons crus au salon du goût de Turin
Jambons crus au salon du goût de Turin — Filippo Monteforte

Peta part en campagne contre les rues carnivores. L’association Peta («Pour une éthique dans le traitement des animaux »), qui milite notamment contre la maltraitance animale, a envoyé un courrier officiel à Martine Aubry pour lui demander de débaptiser la rue du Jambon, au moins provisoirement.

Cette modeste ruelle de l’est lillois, rebaptisée rue des « gens bons », deviendrait ainsi le vecteur, selon Peta, d’une « prise de conscience éthique de la part des résidents de Lille ».

La rue porte ce nom en 1853, précise la ville

L’initiative de Peta s’inscrit dans le cadre du «mois mondial végan ». Un courrier similaire a d’ailleurs été envoyé à la ville de Saint-Denis, qui a aussi une rue du Jambon. Et la rue de l’Abattoir, à Strasbourg, serait aussi dans le collimateur.

La demande fait sourire Jacques Richir, adjoint de Martine Aubry en charge de la Voirie, qui précise que la rue a pris ce nom en 1853. «Il y avait là un estaminet où l'on servait un excellent jambon, précise l'élu. Le Jambon avait fini par désigner l'estaminet lui-même. Effacer ce nom serait effacer une partie de la mémoire du quartier, non ?».

Pas certain que Peta soit convaincu. Dans sa lettre à Martine Aubry, l'association assure que « la grande majorité du jambon fait de chair animale qui est vendu aujourd’hui en France provient de cochons ayant passé leurs vies dans des élevages industriels, confinés dans des hangars insalubres et surpeuplés ». En outre, Peta insiste sur le lien entre la consommation de viande et le développement de certaines maladies.

En conséquence, abandonner le jambon d’origine animale ferait des Lillois des « gens bons » et en bonne santé.

L’association n’est pas pingre : Si la maire acceptait de rebaptiser la rue du Jambon, même pour une seule journée, Peta lui enverrait « de succulentes tranches de jambon vegan (à base de protéines végétales)». L'adjoint Jacques Richir, lui, n'est «pas sûr que ça plairait aux charcutiers lillois.