Les négociations Apple Orange traînent

M.N

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Après avoir déjà écoulé plus d'un million d'exemplaires de l'iPhone aux Etats-Unis, Apple va s'attaquer au Vieux continent le 9 novembre en y lançant son très attendu téléphone au Royaume-Uni, où il fonctionnera en exclusivité sur le réseau du premier opérateur, O2.
Après avoir déjà écoulé plus d'un million d'exemplaires de l'iPhone aux Etats-Unis, Apple va s'attaquer au Vieux continent le 9 novembre en y lançant son très attendu téléphone au Royaume-Uni, où il fonctionnera en exclusivité sur le réseau du premier opérateur, O2. — Shaun Curry AFP

L’arlésienne qui tient en haleine le monde de la téléphonie: l’iPhone revêtira-il bien les couleurs d’Orange de France Télécom? Si de son côté l’opérateur français affirme que «tout est signé», les doutes demeure depuis que l’annonce d’Apple tarde à venir. Doutes d’autant plus persistants que pas l’ombre d’un téléphone estampillé à l’effigie de la Pomme n’a été aperçu au dernier salon Apple Expo, à Paris. Officiellement, Orange réglerait «les derniers détails du lancement».

L’histoire entre l’iPhone et l’opérateur hexagonal avait pourtant bien commencé. Le 19 septembre, Didier Lombard, patron de France Télécom, annonce la signature d'un contrat d'exclusivité avec Apple. Mieux: les hottes du Père Noël n’ont qu’à bien se préparer, l'iPhone sera distribué dans les boutiques Orange avant Noël.

Les 30% de la discorde

Alors qu’est-ce qui coince entre Orange et Apple? Des questions de sous, évidemment. Apple a signé des contrats contraignants avec les opérateurs choisis pour exploiter le téléphone tactile. La firme entend récupérer un pourcentage sur les ventes générées et les consommations de données — au Royaume-Uni, les téléchargements sont payants, en plus de l’abonnement. Par exemple, AT&T, opérateur américain exclusif, doit reverser 5% des sommes que lui rapporterait l’iPhone. O2, compagnie téléphonique exclusive outre-Manche, devrait lâcher 10%. Tout comme T-Mobile en Allemagne. Un taux qui selon les rumeurs avoisinerait les 30% pour le Français Orange. Et c’est là que ça coince.

Vente liée

La gourmandise d’Apple s’explique par l’exception française qui interdit la vente liée. Le téléphone doit être vendu séparément de l’abonnement offrant aux futurs consommateurs le choix d’opter pour un autre opérateur du marché. Autant de revenus qui devraient donc échapper à Apple qui ne peut imposer à Bouygues Telecom ou SFR de reverser le moindre euros. Conséquence: Apple veut se rattraper en augmentant les sommes dues par Orange. Des conditions qu’on juge «aux limites de l’acceptable» chez SFR.