Un opérateur téléphonique américain refuse un message pro-avortement

POLEMIQUE Les autres grandes compagnies ont pourtant accepté de...

M.N

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La loi criminalisant l'avortement dans l'Etat du Dakota du Sud, adoptée à l'avant-veille de la journée internationale des femmes, menace comme jamais le droit à l'interruption volontaire de grossesse aux Etats-Unis.
La loi criminalisant l'avortement dans l'Etat du Dakota du Sud, adoptée à l'avant-veille de la journée internationale des femmes, menace comme jamais le droit à l'interruption volontaire de grossesse aux Etats-Unis. — Joe Raedle AFP/Getty Images/Archives

Verizon ne veut pas entendre parler d’avortement sur ses ondes. L’un des principaux opérateurs téléphoniques américains refuse que son réseau soit utilisé par Naral, un lobby qui milite pour une législation favorable à l’avortement. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est pas légale sur l’ensemble du territoire des Etats-Unis. Sur le Net ou via les réseaux sans fil, les groupes de pressions Pro-life (anti-avortement) et Pro-choice se livrent à des campagnes pour faire avancer leur argument et faire pression sur les élus des législatures locales.

La bataille de l’avortement sur les ondes

Dernière bataille en date: le 6 mars 2006, Mike Rounds, gouverneur républicain du Dakota du Sud, signait un projet de loi interdisant l’IVG. La législation devait entrer en application début juillet mais devant les recours en justice des militants pro-avortement l’interdiction a été suspendu. La campagne de message de Naral est un volet de cette bataille, elle consiste en l’envoi d’une pétition aux militants ou aux sympathisants qui se sont inscrits préalablement sur le site de l’association. Un texte que le receveur peut parapher électroniquement en tapant un code à 5 chiffres.

Verizon uniquement

Si Verizon a interdit cette pétition électronique sur ses ondes ce n’est pas le cas des autres grands opérateur américains. Pour justifier sa décision, Verizon explique au New York Times que la compagnie «a le droit de refuser des SMS controversés ou peu recommandables». La controverse Naral met en lumière le débat sur la «Net Neutraliy», la neutralité tant en terme d’accès et de contenu dans les réseaux sans fil. Une neutralité remise en question par Verizon.

Neutralité politique sur les réseaux

La question est: «Est-ce qu’un opérateur téléphonique ou un fournisseur d’accès Internet peut filtrer les informations qui transitent sur son réseau.» La réponse est oui: la position de Verizon est légale et respecte la législation américaine. Un opérateur téléphonique américain peut empêcher la diffusion des données s’il n’est pas d’accord avec la nature du message. Du côté du mouvement Naral, on accuse l’opérateur Verizon «de censure et d’interférer sur un débat strictement politique».