Un journaliste condamné à deux ans de prison pour avoir aidé Anonymous à pirater le «L.A. Times»

WEB Matthew Keys jure qu'il est innocent et va faire appel...

P.B.

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Le journaliste Matthew Keys (à droite), condamné à deux ans de prison, le 13 avril 2016, pour piratage.
Le journaliste Matthew Keys (à droite), condamné à deux ans de prison, le 13 avril 2016, pour piratage. — R.PEDRONCELLI/AP/SIPA

La loi américaine sur le piratage a fait une nouvelle victime. Mercredi, le journaliste Matthew Keys a été condamné à deux ans de prison pour avoir aidé des hackers d’Anonymous à pirater le Los Angeles Times en leur fournissant des logins et des mots de passe. Dans un billet publié quelques heures plus tôt, Keys jure qu’il est innocent et son avocat a déjà annoncé qu’il ferait appel.

L’affaire est complexe. En 2010, Keys travaillait pour la chaîne Fox 40, qui appartient au groupe Tribune Company, propriétaire du L.A. Times. Selon le procureur, le journaliste, qui travaillait comme social media éditeur, est parti en mauvais terme et a ensuite copié/collé une base de données de son employeur sur un channel IRC fréquenté par des hackers d’Anonymous, les incitant à « mettre le bazar ».

Un titre d’article changé

Dans la pratique, les dégâts sont restés très limités. Un hacker basé au Royaume-Uni a « défacé » un article du Times, en changeant son titre pour « La pression augmente sur la Chambre pour élire CHIPPY 1337 » et rajouté un « SUCK IT UP » en début d’article.

Sauf qu’avec les statuts du « Computer Fraud and Abuse Act », un texte de 1986 critiqué par Barack Obama après le suicide de l’activiste Aaron Swartz, Keys, qui avait 22 ans au moment des faits, a été condamné pour trois actes de piratage. Il risquait jusqu’à 25 ans de prison mais la juge a décidé d’une peine de deux ans car les dommages financiers ont été évalués à seulement 10.000 dollars. Avec ce verdict, les appels pour réformer la loi devraient se multiplier.