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Pour la Toile, Google veut une loi mondiale unique sur la vie privée
INTERNET•A Strasbourg, le moteur de recherche réclame un consensus international pour sauver le Web...M.N
Google contre attaque sur le dossier sensible de la protection des données personnelles. Face à des législations variables entre les pays, le moteur de recherche voudrait l’instauration d’une seule règle. C’est le message que va faire passer Peter Fleischer, en charge du dossier au sein de la firme californienne, vendredi, à Strasbourg, lors d’une réunion organisée par le programme éducation de l’ONU et l’Unesco.
Pour le moteur, il convient de modifier les lois actuelles: elles ne sont plus adaptées à l’environnement de l’Internet qui «brasse une quantité énorme d’informations». «Trois quarts des pays n’ont pas de réglementation claire», déplore Google. Et pour appuyer la nécessité d’une uniformisation, Google a un exemple tout prêt.
«Chaque fois qu’une carte de crédit est utilisée pour une opération en ligne, les données peuvent transiter par six ou sept pays», explique Peter Fleisher. La peur de Google : que le manque de protection des données dans certains pays fasse fuir les internautes. Une perte de confiance que veut éviter la firme qui a elle toute seule balaie des dizaines de services Web. Dans la capitale alsacienne, Peter Fleischer entend convaincre les pays membres de l’ONU de l’importance de l’Internet pour l’économie mondiale et donc définir une norme commune dans la régulation des informations.
Une proposition
Le moteur de recherche propose de partir d’un accord adopté en 2004 par les gouvernements de l’APEC, une organisation intergouvernementale visant à faciliter les échanges et l'investissement de la région Asie-Pacifique. Une idée directrice a été mise en avant: prévenir tout individu quand ses données transitent par la Toile.
Eteindre les polémiques
En demandant cette règle commune — des discussions auraient déjà eu lieu avec des pays européens dont la France, Google tente de reprendre la main et d’améliorer son image alors que le moteur de recherche a été fortement critiqué ces derniers mois par l’Union européenne pour sa politique de conservation des données.
Sous pression, Google a d’abord accepté de diminuer la durée de stockage des informations introduites lors des requêtes sur le portail de 2 ans à 18 mois. Un geste de bonne volonté que le numéro 1 des moteurs se devait de montrer pour rester en accord avec sa règle «ne pas être méchant» et sa volonté d’être toujours proche de ses utilisateurs.
Pourtant, Google est resté sous le feu des attaques de certains groupes, et se retrouve une nouvelle fois dans le collimateur des défenseurs de la vie privée avec Google Street view.



















