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Après le rejet de son offre par Gameloft, Vivendi repart à l'assaut
ECONOMIE•Ce lundi, après le refus du conseil d’administration de Gameloft, le groupe Vivendi à revaloriser son offre publique d’achat de 20 %…C.W. avec AFP
Le bras de fer se poursuit. Ce lundi, Vivendi, le groupe de Vincent Bolloré, a relevé de 20 % le prix de son OPA sur Gameloft, l’éditeur de jeux vidéo pour mobiles, dans la foulée du rejet de son offre initiale par la société.
De 6 à 7.20 euros l’action
Le groupe français de médias a annoncé avoir décidé « de relever le prix de son projet d’offre publique d’achat sur les actions de Gameloft à 7,20 euros par action », contre 6 euros proposés initialement le 18 février, dans un bref communiqué.
Cette hausse de 20 %, qui valorise l’éditeur de jeux vidéo sur mobiles autour de 615 millions d’euros, intervient quelques heures après le rejet à l’unanimité de son offre initiale par le conseil d’administration de Gameloft.
Il l’avait jugée «contraire à l'intérêt de Gameloft, de ses actionnaires, de ses salariés et de ses clients », relevant notamment « l’absence de rationnel industriel de ce projet de rapprochement » et « l’insuffisance des termes financiers de l’offre ».
La famille Guillemot fait front
Les velléités de Vivendi sont notamment contestées par la famille Guillemot, fondatrice de la société. Face au groupe de médias, entré en 2 015 dans Gameloft et qui a progressivement augmenté sa participation, les Guillemot ont riposté en cherchant eux aussi à se renforcer. Alors qu’ils détenaient 18,99 % du capital, ils ont procédé à des rachats d’actions après l’annonce de l’OPA, pour atteindre actuellement un peu plus de 20 % du capital. La famille détient également 28,42 % des droits de vote.
Et ce n’est peut-être qu’une première étape. La semaine dernière, les membres de la famille ont affirmé qu’ils « prendront les mesures nécessaires pour éviter une prise de contrôle hostile par des personnes qui pourraient remettre en cause la stratégie et la vocation mondiale de Gameloft au détriment de l’intérêt de la société et de tous ses actionnaires ».
Opération séduction pour Vincent Bolloré
Avec cette nouvelle offre relevée, Vivendi espère séduire les autres actionnaires de Gameloft - dont plusieurs fonds comme Fidelity, Amber Capital ou Allianz Global Investors - qui pourraient être attirés par un prix de 7,20 euros quand le cours de la société était de 6,79 euros à la clôture de la Bourse de Paris lundi. Vu le niveau atteint par le cours de Gameloft, le relèvement de l’offre par rapport au premier prix de départ fixé à 6 euros, était devenu inévitable pour Vivendi.
Pour le groupe de Vincent Bolloré, l’acquisition de Gameloft s’inscrirait dans sa stratégie de devenir un leader mondial des contenus et des médias. Lors de l’annonce du lancement de l’OPA, Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire du groupe avait ainsi jugé que Gameloft « convient parfaitement à Vivendi ».
Ubisoft également dans la ligne de mire
Dans la même logique, un autre éditeur de jeux, le français Ubisoft, également dirigé par un membre de la famille Guillemot, est aussi la cible du groupe de médias, qui s’est emparé ces derniers mois de plus de 15 % du capital de la société.
Lundi, Vivendi a ainsi annoncé avoir franchi le seuil des 15 %, en montant précisément de 14,9 % à 15,66 %.
Cette double offensive dans les jeux vidéo est un revirement pour le groupe qui avait cédé il y a plus de deux ans la quasi-totalité de sa participation dans l’éditeur américain Activision Blizzard.


















