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Bientôt un Internet à deux vitesses?

Bientôt un Internet à deux vitesses?

EXCLUSIFLes hébergeurs de site web bientôt autorisés à...
M.N

M.N

Jeudi, le ministère américain de la justice (DOJ), dans une lettre adressé à l’organisme qui gère les télécommunications outre-Atlantique (Federal Communications Commission), affirme être contre le principe de «neutralité» (Net Neutrality), c’est-à-dire opposé à ce que tous les sites bénéficient d’un accès égal au trafic Internet. Concrètement un moteur de recherche comme Google pourrait être amené à payer une taxe pour pouvoir disposer d’un trafic plus important.


Demande des opérateurs de téléphonie


Pourquoi cette décision? La position de la Justice américaine est guidé par les demandes de plus en plus pressantes des opérateurs des télécommunications des Etats-Unis. Avec en tête les trois grands: AT&T, Verizon Communications Inc. et Comcast Corp. Selon le Wall Street Journal, ces firmes veulent faire payer davantage aux portails Internet qui exploitent plus de contenus — et plus de contenus consommateurs de bande passante comme les vidéos — que d’autres, ou les sites qui veulent un chargement plus rapide de leurs pages. Les sites mastodontes comme Google-YouTube, Yahoo! ou Amazone sont depuis des mois dans la ligne de mire des fournisseurs de réseaux. Ces portails qui sont de gros consommateurs de la bande passante sont évidemment très attachés au principe de neutralité, une régle qui leur donne accès à l'Internet à moindre coût.


Sites vidéo gourmands


Mais, selon le département de la Justice, la «Net Neutrality» empêcherait le développement du Web puisque les fournisseurs d’accès à Internet n’aurait pas les moyens financier d’étendre les capacités du réseau. Ce qui selon le ministère de la Justice nuit à l’amélioration des services apportés aux consommateurs. La fin de la neutralité serait donc une manière de désengorger la Toile qui voit, en plus, la multiplication de sites type partage vidéo, toujours très gourmand en ressources de réseaux.


Si l’avis du ministère est suivi par la «Federal Communications Commission», les fournisseurs d’accès à Internet, en autre hébergeur de site, pourraient donc faire payer des taxes en plus à ceux qui voudront augmenter leur déploiement sur Internet.


L'Europe en avance


Pour l'instant le débat reste américano-américain. Selon Jean-François Hernandez de l'Autorité de régulation des communications (ARCEP), «l'Europe n'est pas concernée par la Net Neutrality». Et d'expliquer que les membres de l'Union européenne, dont la France, «ont procedé au dégroupage des lignes de télécommunication et la mise en place progressive de la fibre jusqu'au client». Des avancées techniques que les Américains n'ont pas adopté et qui évitera les embouteillages dans les réseaux européens. L'internet à deux vitesses, avec d'un côté des sites facilement accessibles et d'autres plus lents, n'est pas un horizon proche de ce côté de l'Atlantique.