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Musique sur Internet : où en est-on ?

Musique sur Internet : où en est-on ?

DOSSIERAprès un mois daoût riche en rebondissements, un point sur les offres...
Selim Miled

Selim Miled

La musique en ligne, elle, est en plein boum. Le mois d’août aura été particulièrement riche en rebondissements. Alors que Christine Albanel répond mercredi aux questions de 20minutes‚ le point sur la situation et les offres proposées.


Les plateformes de téléchargement payant


Maître incontesté du marché, iTunes domine la vente de musique en ligne avec près de 70% de parts de marché. Disposant d’un très large catalogue, le magasin d’Apple repose surtout sur le couplage avec son iPod, baladeur MP3 le plus largement répandu dans le monde. En effet, ce dernier n’accepte de lire que des fichiers non protégés, ou protégés par des DRM (Digital Right Management, gestion numérique des droits) spécifiques à Apple. Impossible donc de lire des morceaux téléchargés depuis un autre portail avec un baladeur à la pomme. C’est ce qui a poussé EMI en avril, puis Universal en août avec son Gbox, à démarrer une période de test de la vente de musique sans DRM, assurant une compatibilité totale avec tous les lecteurs, mais ouvrant ainsi la porte à un partage illimité des titres achetés. Nokia a de son côté dévoilé le lancement de son Nokia Music Store. Le Finlandais promet « le plus large catalogue au monde » téléchargeable aussi bien sur son PC que sur son téléphone, ou même sur les deux pour le même prix. Dans ce combat entre titans, certains sont obligés de jeter l’éponge. Sony a contacté début septembre les clients de son Sony Connect Store, par un mail qui recommande «d'utiliser tous vos codes promotionnels ou crédits restants avant mars 2008».


Quand le Triple-play devient le Quadruple-play

L’idée d’un forfait permettant le téléchargement illimité des musiques faisait son chemin depuis quelques années, au grand dam des majors du disque. C’est Neuf Cegetel qui s’est lancé en premier, proposant l’accès illimité au catalogue Universal dans son abonnement Internet Triple-play (Internet - téléphonie - télévision). Rapidement, l’offre a été considérée comme trop restrictive, de par la limitation du choix (une seule major, un seul genre musical à moins de payer 5 euros par mois en plus) et surtout par la protection poussée des titres : l’ensemble des fichiers téléchargés ne sont plus utilisables dès lors que l’abonné change de FAI. L’incompatibilité avec l’iPod a également fait grincer beaucoup de dents. Orange et Alice ont annoncé dans la foulée travailler sur des offres «plus larges» pour la fin de l’année. Quant à Free, il s’est rangé au côté de Deezer.



L’alternative : l’écoute en ligne

Poursuivi puis fermé pour illégalité, Blogmusik est revenu en août sous le nom de Deezer, et surtout avec une légitimité apportée par des accords signés avec la Sacem, la société de protection des droits d’auteurs. Le site repose sur le principe de streaming, à savoir que vous pouvez écouter gratuitement en ligne l’intégralité du catalogue (environ 200.000 chansons pour le moment) mais sans les télécharger. La légalité du service n’est pas encore tout à fait établie, aucun accord n’ayant été passé avec les maisons de disques. Universal a ainsi demandé à ce que les chansons de son catalogue soient retirées. D’un autre côté, MTV et Realnetworks ont fusionné leurs services musicaux pour donner naissance à Rhapsody, plateforme de vente en ligne proposant également un service de streaming. Reste aussi le cas des web radios, les radios que vous connaissez mais diffusées en qualité numérique sur Internet. Certains logiciels (Web Radio Recorder, Netradio, et autres) proposent une option d’enregistrement, comme à l’époque où l’on enregistrait les chansons passant à la radio sur une cassette. Mais la légalité de cette option reste encore un sujet épineux, et bien qu’encore tolérée il y a de fortes chances que la pratique soit bientôt visée par l’industrie musicale.