«La technologie sans fil est potentiellement dangereuse»
INTERVIEW – Jeanine Le Calvez, présidente de l'association Priartem…Propos recueillis par Alice Antheaume
Alors que s’ouvrent en Ile-de-France 400 bornes Wi-Fi gratuites pour pouvoir surfer sur l’Internet même depuis un jardin public, deux associations, Priartem et Agir Pour l'Environnement, appellent les parents d’élèves à «agir pour que le Wi-Fi ne soit pas installé dans l'établissement scolaire de leur enfant ou, si l'installation est déjà réalisée, pour que la connexion filaire soit aujourd'hui privilégiée». Vacance oblige, les écoles n'ont pas encore réagi à l'appel.
Interview de Jeanine Le Calvez, présidente de Priartem.
Aucune enquête ne démontre formellement la nocivité des ondes Wi-Fi. Pourquoi s’alarmer?
Nous demandons un moratoire jusqu’à ce qu’il y ait justement une étude sur l’impact sanitaire du Wi-Fi. N’importe quel citoyen peut prendre des risques, à condition qu’il soit informé. Sans étude préalable, nous ne devons prendre aucun risque dans les écoles, surtout avec des enfants, une population fragile. Nous voulons éviter cette position qui est «on ne sait rien donc on ne fait rien». En fait, on en sait suffisamment pour appliquer le principe de précaution et éviter qu’il y ait trop de cobayes.
«On en sait suffisamment», dites-vous. Que savez-vous exactement sur l’éventuelle toxicité du Wi-Fi?
Le Wi-Fi est un émetteur de fréquences électromagnétiques qui peut aller jusqu’à 2.400 mégahertz. Or chaque fréquence a des répercussions sur l’organisme et plus la fréquence est élevée, plus l’incidence sur le corps peut être rapide. Il y a des hypothèses sur les autres fréquences électromagnétiques, comme celles des téléphones portables GSM. Au bout de dix ans d’utilisation de portable, il y aurait un accroissement des cas de tumeurs cérébrales (malignes et bénignes) sur les usagers. Plus vous utilisez de technologies sans fil, plus vous augmentez le champ d’ondes dans lequel nous baignons. Nous sommes donc face à un risque émergent tandis que se développe l’idéologie du tout sans fil, soi-disant symbole de la très grande liberté. Pourtant c’est une technologie liberticide qui permet de pister chaque individu, et qui est potentiellement dangereuse.
Ne craignez-vous pas de passer pour réactionnaire en militant pour la non-utilisation du Wi-Fi?
Nous ne sommes pas contre l’implantation des ordinateurs dans les écoles. Au contraire. Mais pas avec du Wi-Fi. L’Internet peut très bien fonctionner en réseau filaire, avec un câble. Mais avant qu’un risque émergent ne soit considéré comme un fait avéré, il peut se passer beaucoup de temps. Un exemple: le tabac. Richard Doll, un médecin anglais, est le premier à avoir mis en relation le fait de fumer et le nombre de cancer du poumon. A l’époque, après la seconde guerre mondiale, ses pairs l’ont considéré comme fou, arguant que «si c’était vrai, ça se saurait». Aujourd’hui, il n’y a plus de doute sur les risques du tabagisme.


















