Le Dreamliner bientôt sur les nuages de Seattle...  
Le Dreamliner bientôt sur les nuages de Seattle...   — DR

High-Tech

Boeing dévoile son avion de rêve

AVIATION – La firme de Seattle joue la carte écologie...

Quand la fibre de carbone supplante l'aluminium, cela donne «l’avion de rêve». Du moins pour Boeing qui révèle son «Dreamliner». Le premier modèle du B787, un biréacteur à 150 millions de dollars (110 millions d’euros), va exhiber ses ailes dimanche — pour le symbole, 8 juillet 2007 donne 787 selon le système de date aux Etats-Unis — en sortant des usines d'Everett, dans la région de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest des Etats-Unis). Un véritable événement puisque la firme américaine n’avait rien sorti de nouveau depuis treize ans.

Des partenaires étrangers

«Le 787 est le premier avion de Boeing construit avec des partenaires basés en Asie et en Europe», note Seattle Times. Au Japon et en Italie principalement. «Boeing partage le travail mais garde ses secrets.» Si Boeing «délègue à la firme nippone Mitsubishi une bonne partie du travail de design», Mark Jenks, chef de projet en charge des ailes, ne s’inquiète pas d’une quelconque fuite technologique: «Nous leur avons laissé la structure.» Entendre : «seulement.»

L’avion écolo

Après l'échec du projet «Sonic Cruiser», un avion volant à une vitesse proche de son, mais gourmand en carburant, le constructeur aérien a révisé le concept. Le constat de Boeing, c'est que l'avenir est aux liaisons sans correspondances. Airbus a fait le choix opposé avec l'A380, dont une version dépasse les 800 places, qui vise à relier de grands aéroports de correspondances.
Avec ses 200 à 330 sièges, un rayon d'action de 15.000 km, le «Dreamliner» se caractérise par une utilisation de matières plus légères. «Jusqu'à 50% de la structure du 787, dont le fuselage et les ailes, sera en composite.» Ce qui donne une structure à base de fibre de carbone plastifiée. Un avion plus léger, et donc moins gourmand en kérosène.

Boeing estime que son nouvel aéronef — outre un confort plus grand pour les passagers — permettra un gain de 20% en consommation d’hydrocarbures. Ce qui à l’heure d’un baril à 75 dollars, et des indispensables économies en énergies fossiles, n’est pas un argument négligeable. Boeing tente ainsi de jouer la carte respect de l’environnement. Et ça marche. Le Financial Times a déjà surnommé le Dreamliner «le premier avion commercial écologique».

Pari réussi

Le rêve a un prix: entre 146 et 200 millions de dollars (prix catalogue). Ce qui n'a pas arrêté les compagnies aériennes. Boeing espère «délivrer une centaine de 787 par an». Soit 2.000 exemplaires d’ici 2023. La compagnie japonaise ANA (All Nippon Airways), un des premiers acheteurs du B787, fera voler son Dreamliner dès 2008. La compagnie nippone n’est pas la seule à attendre son avion léger: Boeing a déjà enregistré 642 commandes.