Mystères sur Jupiter

ESPACE La planète gazeuse change de couleurs. Les scientifiques ne savent pas pourquoi...

M.N

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Evolution de l'atmosphère de Jupiter...
Evolution de l'atmosphère de Jupiter... — DR

Mais où sont passées les bandes blanchâtres de Jupiter? C’est la question qui accapare les astronomes depuis les dernières observations du télescope Hubble et la sonde New Horizon.

Gaz et liquide

Jupiter, dont le diamètre est onze fois plus grand que celui de la Terre, est un corps liquide enrobé de nuages de gaz gigantesques jaunes, marrons et blancs. La planète n’a jamais vraiment délivré tous ses secrets, mais les dernières évolutions chromatiques de son atmosphère pourraient éclairer la communauté scientifique.

C’est la première fois qu’on observe en direct — et avec une haute résolution — un changement aussi radical dû aux déplacements des masses gazeuses. Entre le 25 mars et le 5 juin, une bande blanche située dans l'hémisphère nord a viré au marron. Des transformations similaires avaient été observées dans les années 80, mais les scientifiques, à l’époque, ne disposaient pas d’appareils d’observation aussi performants que Hubble et New Horizon.

Une météo extrême

Pour Pierre Drossard, spécialiste de Jupiter à l’Observatoire d’astronomie de Paris, «on ne connaît que la composition chimique de l'atmosphère. Les nuages blancs sont composés d’ammoniaque et de glace d’eau et les zones plus foncées sont à bases de souffre mélangé à de l’ammoniaque».

Les astronomes sèchent

Question: pourquoi ces déplacements? «On ne sait rien sauf que Jupiter a une activité météorologique extrême (NDLR: des vents de 600 km/h), avec des phénomènes analogues à nos orages». Et ajoute: «ce qui est étonnant ici, c’est que les changements de couleurs sont quasi-symétriques.» Désormais, c’est autour des zones blanchâtres de l'hémisphère sud de suivre le même destin que celle du nord. Et à 649 millions km de Jupiter, l’astronome français s’étonne : «Jupiter est la planète la plus grosse de notre système solaire mais on en sait moins sur elle que Mars ou Mercure…»