DMF, plus fort que le bioéthanol

Mohamed Najmi

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Les prix du pétrole étaient en baisse jeudi, à l'ouverture du marché new-yorkais, mais toujours proches de leurs niveaux records, soutenus par les craintes d'une pénurie d'essence aux Etats-Unis et par les tensions autour du programme nucléaire iranien.
Les prix du pétrole étaient en baisse jeudi, à l'ouverture du marché new-yorkais, mais toujours proches de leurs niveaux records, soutenus par les craintes d'une pénurie d'essence aux Etats-Unis et par les tensions autour du programme nucléaire iranien. — Joel Saget AFP

Son nom: le DMF. Sous cet acronyme se cache le 2,5-diméthylfurane. Une molécule qui, selon le magazine «Nature», devrait bientôt renvoyer le bioéthanol au rang de substance préhistorique. Le DMF, mis au point par quatre chercheurs américains de l’Université du Wisconsin, offre plusieurs avantages.

Plus énergique

Le DMF a une efficacité énergétique supérieure de 40% à celle du bioéthanol. A quantité égale, le DMF produira donc plus d’énergie. Il est de par sa structure chimique moins volatile puisque son point d’ébullition est supérieur de 20°C à celui des autres biocarburants. Moins volatile donc moins de perte. Ce qui veut dire plus économe. Et surtout, contrairement à l’alcool, la nouvelle molécule est insoluble dans l’eau: il n’y a donc pas de danger d’absorption par l’eau contenue dans l'atmosphère; ce qui fait qu’il est moins polluant.

La fermentation dépassée

Comment arriver au DMF? Le processus d’obtention du 2,5-diméthylfurane est original. Les chercheurs américains ont combiné deux méthodes, une phase biologique et une phase chimique.

Dans un premier temps, l’équipe de James Dumesic a cassé, avec des enzymes, des longues chaînes d’amidon contenu dans le blé ou le maïs. Mais au lieu de faire fermenter le sucre ainsi obtenu — et donc le transformer en éthanol — ils l’ont mué par action enzymatique en un autre sucre: le fructose. Un sucre présent dans les fruits, certains légumes et le miel.

Synthèse hybride mille fois plus rapide

Ensuite, le fructose subit deux autres opérations chimiques. L’objectif est d’extraire les six atomes d’oxygène de la molécule. Une fois l’oxygène libéré, on obtient un biocarburant utilisable. Le fait de passer par une méthode chimique permet de convertir les molécules de sucre «mille fois plus vite qu’auparavant». Au delà du cas «DMF», le protocole établi par l’équipe de James Dumesic pourrait donner des idées à d’autres pour accélérer les synthèses de molécules.