L’avion-fusée européen est né
AVIATION•Astrium, filiale du groupe d’aéronautique EADS, se lance dans le marché des voyages spatiaux...Mohamed Najmi
Décrocher le septième ciel pour 200.000 euros. Ce sera bientôt possible avec le dernier joujou d’Astrium, filiale d’EADS. L’engin, destiné au vol dit «sub-orbital», est le tout dernier modèle d’avion-fusée. Une maquette sera d’ailleurs la vedette du prochain salon international de l’aéronautique du Bourget, à Paris du 18 au 24 juin.
L’aéronef, de la taille d'un jet d'affaire, est conçu pour atteindre une altitude de plus de 100 km. Une distance qui marque la frontière entre la terre et l'espace. L’avion d’Astrium pourra emporter quatre passagers pour les amener en apesanteur, un état dans lequel ils baigneront pendant trois minutes.
Vivre selon une parabole
Le décollage et l'atterrissage se fait à partir d'un aéroport classique. L’avion-fusée est propulsé par des turboréacteurs jusqu’à 12 km d’altitude. Les turboréacteurs s'éteignent, puis le moteur-fusée cryogénique prend le relais et éjecte l’avion hors de l’atmosphère. L’engin suit alors une trajectoire parabolique. L’apogée, sommet de la parabole d’une altitude de 100 km, correspond au moment d’apesanteur maximale.
15.000 chanceux en 2021
Pour construire le premier engin, Astrium doit réunir des investissements privés: «1 milliard d’euros» selon François Auque, le PDG du groupe d’aéronautique. Le développement du véhicule sub-orbital débutera en 2008 et le premier vol pourrait avoir lieu dès 2012. Prochaine étape: trouver des passagers capables de débourser 200.000 euros. Et des clients, il devrait y en avoir. Selon Futron Corporation, un cabinet américain, en 2021, le «sub-orbital» représentera un marché de 800 millions d’euros, soit 15.000 voyageurs potentiels.
L’aviation civile intéressée
Ce concept n’est pas le premier du genre. Le Space Ship One, un projet américain de Bert Rutan, propose déjà à des clients richissimes des virées dans l’espace proche depuis juin 2004.
L’engin d’Astrium et la multiplication des projets de voyages suborbitaux ouvrent des nouvelles perspectives pour l’aviation civile. Et l’on reparle des vols hypersonique qui mettrait Paris et Tokyo à une heure de voyage, ce qui est possible pour des avions qui volent au dessus des 80 km d’altitude, contre 20 km au maximum pour les avions actuels.
A voir aussi le diaporama qui revient sur les étapes et les acteurs du voyage spatial...



















