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Russie-Estonie, histoire d’une cyber-guerre

Russie-Estonie, histoire d’une cyber-guerre

INTERNET – La crise diplomatique entre Moscou et Tallin se répercute…
Mohamed Najmi

Mohamed Najmi

Il s’agit d’un conflit d’un nouveau genre. La crise entre la Russie et l’Estonie a commencé par des violences dans les rues de Tallinn, capitale du petit état balte. Et elle se poursuit depuis un mois sur la Toile.


A l’origine du refroidissement entre les deux voisins, la décision prise par les autorités estonienne le 27 avril de retirer un monument russe considéré comme un symbole de l’époque soviétique.


Un pirate de 19 ans arrêté


Quelques jours après l’annonce, les pirates russes déclenchent un premier tir de barrage électronique. Des sites du gouvernement estonien ou appartenant à des compagnies privées du pays balte sont bombardés de spams. Il s’agit de submerger les serveurs et donc de les faire «tomber». Pendant quelques jours, le site web du président estonien, du Premier ministre et du parlement sont sabotés. Les Estoniens répliquent: plusieurs sites russes sont à leur tour visés. Les premières victimes sont le quotidien Kommersant et la radio des Echos de Moscou.


Estonie, le laboratoire de la guerre sur Internet


S’agit-il seulement d’une guerre entre deux communautés d’internautes? Non, répond l’Estonie. Pour Tallinn, il n’y guère de doutes: le Kremlin est directement impliqué dans ces attaques. Le 30 avril, le ministre de la justice estonien affirme que l’adresse Internet utilisé lors d’une attaque appartiendrait à un membre de l’administration du Président russe, Vladimir Poutine. Le gouvernement russe dément. Pour l’instant, seul un jeune Estonien russophone de 19 ans a été arrêté. Il est accusé d’avoir aider à l’organisation des attaques informatiques.


La crise n’est pas inédite — il existe une guerre virtuelle entre Hamas et Israël — mais elle n’a pas laissé indifférente la communauté internationale puisque des experts mondiaux de la sécurité informatique (OTAN, Etats-Unis, Israël) ont offert leur aide à Tallinn.