Il cherchait des Ovnis, il devrait bientôt être extradé aux Etats-Unis

Philippe Berry

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«Je cherchais juste des Ovnis», confie le pirate britannique pour explique ses actes.
«Je cherchais juste des Ovnis», confie le pirate britannique pour explique ses actes. — Cnes

S’introduire sur un serveur du Pentagone peut coûter cher. Le faire après le 11-Septembre encore plus. Gary McKinnon, un Britannique 41 ans, en fait l’amère expérience. Mardi, celui qu’un procureur américain a qualifié «de plus grand pirate de tous les temps» a perdu son appel pour éviter son extradition vers les Etats-Unis. Désormais, seule une procédure devant la chambre des Lords –qui n’a que très peu de chances d’aboutir– peut encore lui éviter une traversée de l’Atlantique.

Au moins 45 ans de prison

Serveurs de l'armée, de la marine, du Pentagone, de la Nasa… Entre février 2001 et mars 2002, Gary McKinnon se serait introduit sur 97 ordinateurs depuis sa petite chambre londonienne. D’après la justice américaine, plusieurs systèmes militaires «d’importance vitale» auraient été mis hors service, pour des dégâts qu’elle chiffre à 700.000 dollars (520.000 euros).

Depuis le 13 novembre 2001, un volet de la loi anti-terroriste permet à Washington de poursuivre un pirate, même étranger, sur le territoire des Etats-Unis. D’après son avocat, Gary McKinnon pourrait donc être jugé comme «cyber-terroriste». Il risquerait au moins 45 ans de prison. En juillet 2006, l’avocat avait même agité le spectre de Guantanamo comme lieu de détention potentiel.

«Je cherchais juste des Ovnis»

1983. Gary a 17 ans lorsqu’il voit «War Game». Une révélation. Le film raconte comment un jeune pirate passe –sans faire exprès– à deux doigts de déclencher une Troisième Guerre mondiale en s’introduisant sur un serveur militaire. Gary tient sa vocation. Il dévore «The Hacker’s Handbook» («Le manuel du pirate»), et une dizaine d’année plus tard décide de prouver l’existence des extra-terrestres.

«Je cherchais juste des Ovnis », explique-il d’ailleurs quand on lui demande ce qui l’a poussé à s’introduire sur le site du Pentagone. « Je n’avais pas l’intention de causer des dégâts. Je voulais surtout découvrir tout ce que le gouvernement nous cache.» Il affirme d’ailleurs avoir trouvé sur le serveur de la Nasa un cliché «d’une sorte de satellite ou de vaisseau spatial, sans soudure ni aspérité qui se trouvait juste au-dessus de la Terre».

Tout s’arrête en 2002, quand la police britannique vient frapper à sa porte. Désormais, son sort se trouve entre les mains de la chambre des Lords. Le site de soutien FreeGary.org a lancé une nouvelle pétition, pour tenter de faire pencher la balance.