Finalement, les jeux vidéo pourraient bien rendre agressifs, alcooliques et fous du volant selon une nouvelle étude

JEUX VIDEO L'interminable débat sur la dangerosité des jeux vidéo est relancée par une étude de l'université de Dartmouth…

Benjamin Chapon

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«Grand Theft Auto Online», le mode multijoueurs de «Grand Theft Auto V»
«Grand Theft Auto Online», le mode multijoueurs de «Grand Theft Auto V» — Rockstar

C’est Laure Manaudou qu’on réhabilite. Une étude américaine dévoilée lundi affirme que les jeux vidéo violents dont les héros sont des personnages «antisociaux» augmentent le risque de délinquance, de tabagisme et de consommation d’alcool chez les adolescents.

Depuis plusieurs années, les études sur la question se suivent et ne se ressemblent pas. Certaines affirment qu’il existe un lien entre actes violents virtuels et réels, d’autres au contraire assurent que les adeptes de jeux vidéo violents savent faire la part des choses.

Des résultats téléphonés

Cette récente étude, menée par des chercheurs du Darmouth College, une université américaine du New Hampshire et publiée dans Personality and Psychology, revue de l’Association américaine de psychologie, a été réalisée par téléphone auprès de 5.000 adolescents pendant quatre ans.

Les auteurs de l’étude ont constaté que certains jeux «affectent l’idée que les jeunes joueurs se font d’eux-mêmes» et influent ainsi sur leurs comportements.

Alcoolisme et sexe

Cette étude est la première à identifier certains comportements induits par les jeux vidéo violents comme l’agressivité au volant, de fortes consommations d’alcool, des pratiques sexuelles à risque…

Pour James Sargent, professeur de pédiatrie au Dartmouth College et co-auteur de cette recherche, certains jeux dont les protagonistes sont des personnages asociaux sont nocifs pour les joueurs qui risquent de s’y identifier.

Les auteurs de l’étude ont par ailleurs distingué une sorte de trinité des jeux violents qui, si l’on joue aux trois, a un impact particulièrement fort: «Grand Theft Auto», «Manhunt» et «Spiderman».

Un vieux débat

La guerre est violente entre les adeptes de ces théories et les pédopsychiatres qui estiment que les jeux vidéo n’ont aucun impact profond sur la perception de la réalité et encore moins sur les comportements ou les attitudes.

En décembre 2013, un colloque international n’avait pas permis de trancher la question autrement que par un communiqué consensus où les chercheurs convenaient que «l’étude d’impact sur les comportements effectifs était un champ d’étude extrêmement complexe.»