Les gouvernements peuvent écouter des conversations téléphoniques en direct, confirme Vodafone

SURVEILLANCE L'opérateur britannique dit se conformer à la loi...

P.B. avec AFP

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Le Britannique Vodafone est le deuxième opérateur de téléphonie mobile mondiale.
Le Britannique Vodafone est le deuxième opérateur de téléphonie mobile mondiale. — M.MEISSNER/AP/SIPA

On le savait déjà depuis les révélations d'Edward Snowden. Mais vendredi, l'opérateur britannique Vodafone a confirmé dans un rapport que certains gouvernements dispose d'un accès direct à son réseau pour surveiller les communications de ses clients, parfois en temps réel. C'est la première fois que le groupe publie un tel rapport de transparence sur ses relations avec les autorités de 29 pays dans lequel il est présent.

«Dans un petit nombre de pays, la loi ordonne que des agences ou autorités spécifiques doivent avoir un accès direct au réseau d'un opérateur», indique Vodafone. Dans certains cas, les gouvernements ont ainsi «un accès permanent aux communications des clients», en se branchant sur les câbles de l'opérateur. Ils peuvent écouter des conversations en temps réel ou les enregistrer.

La France pas concernée

Selon le rapport pays par pays, Vodafone ne fournit pas d'accès direct en France, où il n'est présent que via un partenariat avec SFR. En revanche, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie ou l'Espagne, notamment, sont sous surveillance.

Selon le scénario cauchemar redouté par beaucoup, dans la plupart des pays, cet accès direct ne requiert pas d'ordre de la justice, et l'opérateur n'a aucune idée de l'identité ou du nombre des personnes ciblées. Dans le rapport, Vodaphone lance un appel pour mettre un terme «à l'accès direct des gouvernements sans mandat officiel délivré par un juge».

Menace de poursuites pénables

Le deuxième opérateur de téléphonie mobile mondiale explique qu'il est obligé de se conformer aux lois des pays dans lequel il est implanté, sous peine de se voir retirer sa licence ou de poursuites pénales contre ses employés. «Nous devons pas conséquent trouver un équilibre entre notre responsabilité de respecter le droit à la vie privée de nos clients et notre obligation légale de répondre aux demandes légales des autorités, ainsi que notre devoir de protéger nos employés», affirme le groupe.

La question de l'espionnage de masse est devenue sensible depuis les révélations d'Edward Snowden, ancien consultant de l'agence de renseignement américaine NSA, qui avaient mis à jour un vaste système de surveillance des conversations téléphoniques et des communications via Internet.