Oculus: Comment Palmer Luckey, 21 ans, a relancé la réalité virtuelle

TECH Avec le rachat de sa startup par Facebook et l'annonce du prototype de Sony, la technologie veut enfin s'imposer...

Philippe Berry

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Palmer Luckey, la cofondateur d'Oculus VR, en août 2013.
Palmer Luckey, la cofondateur d'Oculus VR, en août 2013. — OCULUS VR

Palmer Luckey est né en 1993. A 15 ans, pendant que certains passent le brevet, il suit des cours universitaires en ligne et revend des iPhone qu'il répare dans le garage de ses parents. Mardi, à 21 ans, il a rejoint le club des multi-millionnaires californiens après le rachat par Facebook pour deux milliards de dollars d'Oculus VR, la startup de réalité virtuelle qu'il a cofondée en 2012.

>> Vidéo: C'est quoi, au juste, l'Oculus Rift?

Luckey se décrit comme un «passionné d'électronique» autodidacte. A 17 ans, ce gamer se met en quête du casque le plus immersif du marché, qui lui donnera véritablement la sensation d'évoluer au milieu d'un jeu. Ne trouvant rien de satisfaisant, il décide de le fabriquer.

Boosté par le créateur de «Doom»

La réalité virtuelle fait fantasmer les auteurs de science-fiction depuis les années 80 mais la technologie n'a, jusqu'ici, pas réussi à se démocratiser. Trop chère, trop encombrante et pas assez performante, elle est restée limitée aux parcs d'attraction et aux applications médicales, notamment pour soigner le vertige ou les douleurs de membres «fantômes» des amputés.

Le jeune bidouilleur expérimente de longs mois, publiant ses progrès sur Internet. Arrive John Carmack, le développeur de légende d'id software, co-créateur de «Doom» et «Quake». Bluffé par le prototype, il fait une démo, au salon de l'E3, en juin 2012, de «Doom 3» tournant sur l'Oculus Rift. Le buzz est immédiat.

2,5 millions de dollars levés sur Kickstarter

Trois mois plus tard, Luckey démarre une campagne sur Kickstarter pour lever des fonds et fournir à la communauté son prototype et une plateforme de développement. Il fixe comme objectif 250.000 dollars en un mois. Il récolte 2,5 millions.

Ensuite, tout s'enchaîne: les articles dans la presse, les démos bluffantes et les vidéos virales sur YouTube. En juin 2013, Oculus recrute officiellement Carmack comme directeur technologique.

Tout reste à faire

Avec le rachat par Facebook, Oculus va pouvoir accélérer sa croissance et recruter des pointures du secteur. Le modèle final ne devrait sans doute pas sortir avant l'an prochain, au voisinage de 300 euros. Mark Zuckerberg promet que le jeu vidéo restera la priorité numéro 1 mais selon lui, la réalité virtuelle sera la prochaine plateforme informatique, après le PC et le mobile. Elle va, jure-t-il révolutionner «la façon dont nous jouons, travaillons et communiquons».

Zuckerberg n'est pas le seul à parier sur la réalité virtuelle. La semaine dernière, Sony a dévoilé un prototype de casque destiné à la Playstation 4. Selon les experts, la technologie arrive à maturité, avec une 3D de qualité et un lag minimal. Tout le monde n'est pas convaincu. «La réalité virtuelle reste pour l'instant un marché de niche. Elle promet beaucoup mais proposer une expérience immersive de qualité est très, très difficile», confie à 20 Minutes Brian Blau, analyste chez Gartner.

Sur Reddit, de nombreux supporteurs de la première heure estiment encore que Palmer Luckey a fait un pacte avec le diable en s'alliant à Facebook. Il s'en défend, jurant que «rien n'a changé». A une différence près: il va désormais jouer dans la cour des grands.