L’Internet asiatique résiste à un séisme

— 

Les communications téléphoniques et via l'internet restaient aléatoires jeudi en Asie deux jours après un puissant séisme qui a rompu des câbles optiques au large de Taïwan, privant de Toile des millions d'internautes dans une région en pointe en matière de technologie.
Les communications téléphoniques et via l'internet restaient aléatoires jeudi en Asie deux jours après un puissant séisme qui a rompu des câbles optiques au large de Taïwan, privant de Toile des millions d'internautes dans une région en pointe en matière de technologie. — Joel Nito AFP

Vers un retour à la normale. Les communications téléphoniques et via l'Internet restent toutefois difficiles jeudi en Asie deux jours après un puissant séisme qui a rompu des câbles optiques au large de Taïwan.

Au moins huit bateaux ont été affrétés avec du personnel technique à bord pour réparer les câbles rompus ou abîmés par les secousses successives survenues mardi dont la plus violente, d'une magnitude de 7,1 sur l'échelle ouverte de Richter, a fait deux morts et 42 blessés légers.

Plus grande catastrophe technologique asiatique
Si son système fondateur fait que l’Internet est censé résister à tout — compris une explosion nucléaire, la rupture de ces câbles sous-marin qui concentrent une grande partie du trafic asiatique a considérablement ralenti, voire stoppé, les communications.

Dépendance
L’incident, probablement la plus grande catastrophe technologique en Asie, prouve la fragilité d’un réseau concentré sur quelques nœuds de communication et la dépendance d’un monde accro au réseau. Près de 60 à 70 % des capacités Internet en Asie auraient été touchées, perturbant la vie d’une grande partie des habitants — traders, voyageurs, joueurs, chatteurs — des pays concernés. «Nous sommes devenus trop dépendants de ces fibres optiques, estime Francis Lun, de Fulbright Securities à Hong Kong dans un entretien à AP. Une rompt et c’est tout le système qui s’effondre».

En attendant les réparations, le réseau asiatique sera «re-routé» grâce à la coopération de fournisseurs d'accès étrangers, a indiqué un responsable taïwanais qui a évalué les dommages à 150 millions de dollars taiwanais (4,6 millions USD). «Le système revient progressivement à la normale», a indiqué jeudi dans un communiqué la première compagnie téléphonique japonaise NTT qui a redirigé la plupart des flux transitant par Taïwan. En Chine, la situation s'améliorait également dans le Sud du pays affecté.

Au Vietnam, les fournisseurs d'accès ont exhorté les internautes à ne pas embouteiller le réseau en téléchargeant de la musique ou des fichiers trop volumineux. En Thailande, courtiers et investisseurs pouvaient accéder à certains sites mais environ 70% de la population restait privée de web, selon la compagnie publique de télécommunication CAT. De son côté, le ministère sud-coréen de l'Information et des communications a indiqué qu'une centaine de lignes professionnelles spécialisées restaient hors service jeudi.

Dominos
Les perturbations s’étaient faites sentir par ricochet, jusqu'en Australie et aux Etats-Unis. Mais ne se sont pas exportées au reste du monde : «La région de l’Asie du sud-est vient de connaître la plus grande panne du réseau des réseaux, depuis la création et le développement d’Internet, juge le site Macplus. Sans remettre en cause tout le système. «Il n’y a donc pas eu d’effet “dominos”», conclut le site.

Imaginez une telle catastrophe en Europe, avec un internet quasi inutilisable. Comment feriez-vous?