«Dailymotion négocie des accords avec des majors»

Propos recueillis par Anne Kerloc'h

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Benjamin Beljbaum est le fondateur et le PDG de Daiymotion.
Benjamin Beljbaum est le fondateur et le PDG de Daiymotion. — DR

Suite à l’accord entre Dailymotion et la SPPF, qui regroupe plus de 850 producteurs indépendants (dont Naïve ou Tôt ou Tard), des clips de Corneille, Carla Bruni, Charlotte Gainsbourg ou encore des Têtes Raides vont bientôt être disponibles sur le site du leader européen de la vidéo en ligne.
D’après les termes de l’accord –d’une durée d’un an pour commencer –les producteurs percevront une partie des revenus publicitaires attachés à leur exploitation. Fondateur et PDG de Dailymotion, Benjamin Bejbaum revient sur cet accord.

Que vous inspire ce premier accord ?
C’est fabuleux. Le catalogue des producteurs indépendants représente la diversité culturelle française. Il est très large, correspond à des goûts très différents, avec des stars, des anti-stars, des artistes très pointus...

Un premier accord avec la SPPF, d’autres sont-ils à venir?
Oui, mais je ne peux pas livrer de noms. Disons que des accords sont en cours avec des majors.

Vous pouvez au moins nous dire avec combien de majors…
Quatre (il en existe quatre : Universal, Sony-BMG, EMI, Warner, ndlr). L’idée est de partager les revenus issus du site, y compris avec les particuliers. Dailymotion a besoin de la créativité, que l’on y dépose des œuvres. Nous voulons montrer que le business est viable et rentable pour tous.

Précisément, vous avez récemment levé 7 millions d’euros, comment comptez-vous dégagez des revenus?
Notre business model est 100% médias, avec l’essentiel de nos revenus générés par la publicité. Nous avons mis en place, par exemple, des «packages» publicitaires, avec un film vidéo publicitaire visible sur Dailymotion, que nous mettons en avant en page d’accueil par des petites bannières. Des appels à nos utilisateurs pour qu'ils nous envoient leurs vidéos sont également sponsorisés.

Beaucoup de sites communautaires misent sur la publicité, pensez-vous vraiment pouvoir être rentable à terme?
Non seulement je pense que nous serons rentables, mais nous le serons rapidement. L’idée n’est pas de perdre de l’argent.

Beaucoup de start-up françaises restent dans une approche locale du marché et sont souvent rachetées au lieu de se développer…
Cela ne nous concerne pas. 35% seulement de notre trafic est français, 20% vient des US, 10% du Royaume-Uni. Nous avons démarré dès le début en deux langues. Au bout d’un an, c’était six langues et désormais, nous en avons dix. Notre avenir est à l’international.