VIDÉO. Le Mac d'Apple fête ses trente ans

A.G. avec AFP

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Steve Jobs présente le Power Mac G4 à San Francisco, le 31 août 1999.
Steve Jobs présente le Power Mac G4 à San Francisco, le 31 août 1999. — JOHN G. MABANGLO / AFP

Il y a trente ans, bien avant l'invention de l'iPhone et de l'iPad, le groupe américain Apple révolutionnait déjà l'informatique en lançant l'ordinateur Macintosh, resté le symbole d'une rivalité légendaire avec Microsoft.

«Le Mac était un saut quantique vers l'avant», raconte à l'AFP Randy Wigginton, l'un des premiers salariés d'Apple. «Nous n'avons pas tout inventé, mais nous avons tout rendu accessible et facile. C'était le premier ordinateur avec lequel les gens pouvaient jouer et dire: c'est cool».

Vers une utilisation grand public de l’ordinateur

Avant la présentation du «Mac» le 24 janvier 1984, les ordinateurs sont de coûteuses machines pour le monde du travail, commandées par du texte rédigé dans un langage quasi incompréhensible pour qui n'est pas programmateur de logiciel.

Le nouvel appareil d'Apple change cela et ouvre la voie à une utilisation de l'ordinateur par le grand public, grâce à une interface graphique proposant de cliquer simplement sur des icônes avec une souris, un appareil inventé dans les années 1960 par un ingénieur de l'institut de recherche Stanford décédé l'an dernier, Doug Engelbart, et que le Mac va populariser.

Des prix plus accessibles aux consommateurs 

Ces manœuvres simples en apparence requièrent des capacités, en termes de mémoire et de processeur, énormes pour les ordinateurs de l'époque, mais Apple va malgré tout s'efforcer de conserver des prix accessibles pour les consommateurs.

Il n'est pas rare alors de payer 10.000 dollars ou plus pour un ordinateur, mais le premier Mac s'affichera à 2.500 dollars pour 128 kilooctets de mémoire dynamique RAM.

«Big Brother»

Au-delà du produit lui-même, la publicité d'une minute annonçant la sortie du Mac, diffusée en plein Superbowl quand les secondes publicitaires à la télévision américaine sont les plus chères, est restée une référence.

Le spot dirigé par le réalisateur de «Blade Runner» et «Alien», Ridley Scott, s'inspire de l'univers du roman «1984» de George Orwell, avec un écran représentant «big brother» fracassé par une sportive aux couleurs d'Apple.

 

Derrière la métaphore, c'était «un énorme coup» contre IBM, l'acteur majeur à l'époque sur le marché des ordinateurs, indique à l'AFP Daniel Kottke, un ingénieur qui faisait partie de l'équipe de développement du premier Mac.

Il se rappelle d'une «grande bataille» au sein du conseil d'administration sur l'opportunité de diffuser cette publicité jugée «non convenable», mais finalement «restée dans les mémoires de tous ceux qui l'ont vue».

«Steve Jobs cultivait l'idée de l'opposition entre Windows et le Mac»

Plus qu'avec IBM, la rivalité qui va entrer dans la légende sera toutefois avec Microsoft, qui sort en fin d'année suivante la première version de son système d'exploitation Windows, devenu inséparable du PC.

«Je pense que (le patron-fondateur d'Apple aujourd'hui décédé) Steve Jobs cultivait l'idée de l'opposition entre Windows et le Mac», note Daniel Kottke. «Steve Jobs s'en prenait toujours à Microsoft, mais c'est vraiment devenu vif quand Microsoft a sorti Windows. Il disait qu'ils nous avaient copié», raconte-t-il. «L'interface utilisateur graphique du Mac a été reprise par Microsoft, qui l'a appelée Windows.»

L’iPhone et l’iPad ont volé la vedette au Mac

Quelque 16,5 millions de Mac ont été vendus sur l'exercice achevé fin septembre, mais depuis la fin des années 2000, il a cédé le rôle de vedette dans la galaxie Apple à d'autres appareils comme l'iPhone ou l'iPad. Avec l'essor du mobile, la rivalité s'est aussi déplacée de Microsoft vers Google, dont le système d'exploitation Android domine aujourd'hui le marché des smartphones et des tablettes.

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