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Un jeu «chrétien» déchire l'Amérique

Un jeu «chrétien» déchire l'Amérique

Dans «Left Behind: Eternal Forces», le joueur doit convertir les habitants de New York. S’il les tue, il peut toujours se repentir et prier.
Philippe Berry

Philippe Berry

Dans «Left Behind: Eternal Forces», le joueur doit convertir les habitants de New York. S’il les tue, il peut toujours se repentir et prier.


Après le rock chrétien, voici les jeux vidéo évangélistes. «Left Behind: Eternal Forces», sorti en novembre dernier aux Etats-Unis, est un jeu de stratégie sur PC. Mais à la différence des «Warcraft III» et autres «Ages of Empire», le but n’est pas d’exterminer l’armée ennemie mais de la convertir.


Alors que les trompettes de l’apocalypse résonnent, le joueur doit sauver les New-Yorkais des forces de Satan avant le jugement dernier, en les amenant sur la voie de Jésus. S’il tue, le joueur peut toujours récupérer des points de spiritualité… en priant.


Pétition de 25.000 signatures


L’association «DefCon: The Campaign To Defend the Constitution», qui combat la montée du fondamentalisme religieux aux Etats-Unis, dénonce «un jeu brutal dans lequel des ‘born again christians’ (chrétiens ‘nés de nouveau’, comme George W. Bush, ndlr) doivent convertir ou tuer ceux qui n’adhère pas à leur idéologie, y compris des musulmans, des juifs et des catholiques.»


DefCon a mis en place une pétition contre Wall-Mart, qui vend le jeu dans ses supermarchés. Plus de 25.000 personnes l’ont déjà signée. Sur Amazon, un acheteur, se décrivant comme un «chrétien fondamentaliste», juge que «ce jeu repoussant est une mauvaise parodie du message salvateur de Jésus».


60 millions de livres vendus dans le monde


A l’opposé, des vidéos sur Youtube montrent des témoignages de lycéens expliquant à quel point «Left Behind» est un jeu «différent, basé sur une guerre spirituelle où le but est d’aider les gens». Le PDG de Left Behind Game Inc. est lui-même monté au créneau sur son site internet : «Il n’y a pas de sang ou de gore dans Eternal Forces», justifie-t-il. A ceux qui l’accuse de prosélytisme, Troy A. Lyndon rétorque que «Left Behind n’est pas la Bible mais une histoire de fiction».


Le jeu est en fait un dérivé d’une série de livres et de bandes dessinées de Tim LaHaye, un évangéliste conservateur de renom, et Jerry B. Jenkins. Commencée il y a une dizaine d’années, la saga connaît un succès phénoménal: plus de 60 millions de livres ont déjà été écoulés dans le monde. Polémique ou pas, selon Gamespot, site internet consacré aux jeux vidéo, «Left Behind: Eternal Forces» est avant tout… «un très mauvais jeu».