Vine: «Limiter les vidéos à six secondes force la créativité»

Anaëlle Grondin

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L'application mobile Vine.
L'application mobile Vine. — TWITTER

Dans deux mois, Vine soufflera sa première bougie. A son lancement (par Twitter) sur iPhone début 2013, l’application permettant de créer et partager des micro-clips de six secondes a immédiatement enchanté les internautes. Dix mois plus tard, ils sont 40 millions à publier des vidéos Vine dans le monde. Pour continuer à grandir, l’application vient d’être traduite dans plusieurs langues dont le français. Entretien avec Colin Kroll, co-fondateur de Vine.

Quelle était votre ambition quand vous avez créé Vine?

On a simplement voulu créer une application qu’on pourrait utiliser nous-mêmes pour communiquer, qui permettait de créer et partager des vidéos avec ses amis. Avec de courtes vidéos on peut appréhender un événement d’une autre manière par rapport à une photo. L’outil auquel on pensait n’existait pas encore.  

Votre projet a-t-il été simple à concrétiser?

L’obstacle le plus important était surtout technique. L’outil devait être très simple à utiliser, mettre à profit l’écran tactile des téléphones.

Pourquoi les clips sont-ils limités à six secondes?

Regarder une longue vidéo en ligne, en particulier sur un téléphone, peut-être fastidieux.

Mais six secondes, c’est suffisant pour raconter une histoire?

Je pense que oui. Ca force la créativité. Et celle de la communauté Vine va au-delà de ce que l’on pouvait imaginer. Robert de Niro raconte dans une interview qu’il a essayé de faire une vidéo avec son iPhone et que six secondes ça pouvait être long!

Comment expliquez-vous que Vine ait été très populaire immédiatement?

Les internautes se sont rapidement emparés de l’outil. Les gens ont beaucoup partagé leurs créations dès le départ, ça a contribué à l’adoption en masse de l’application. La communauté Vine est très active, je pense que c’est pour cela qu’elle continue à être populaire aujourd’hui.

Beaucoup de célébrités utilisent Vine, comme l’acteur de «Breaking Bad» Aaron Paul ou Maisie Williams de «Game of Thrones». Ca a aidé ? 

Ce qui a fait la différence, c'est la créativité des utilisateurs.

Qui comptiez-vous séduire avec cette application au départ: les accros à Twitter, les stars, les journalistes?

Vine permet beaucoup d’approches très différentes. Comme pour toutes les plateformes, c’était très difficile d’anticiper et de savoir comment les gens allaient l’utiliser. Je pense qu’on découvre tous les jours de nouvelles façons de faire. Les gens ont chacun leur manière de filmer des choses. J’ai vu beaucoup de vidéos d’artistes, de coulisses. Ca peut être de films, d’événements, par exemple sur le Tour de France.

 

Est-ce qu’Instagram vous fait peur? L’application a lancé un outil vidéo similaire à Vine récemment et avait déjà une gigantesque base d’utilisateurs qui prenait des photos avec…

On ne se préoccupe pas de ce que font les autres. On essaie chaque jour de perfectionner notre outil pour nos utilisateurs.

Quel est le prochain défi à relever pour Vine?

La France! (rires) On veut rendre l’application accessible à plus de gens, se développer hors des Etats-Unis. Et continuer à travailler sur l’expérience utilisateur.

Vous ne gagnez pas encore d’argent avec Vine pour le moment. Il n’y a pas de publicité sur l’application…

L’application est toute jeune, elle a moins d’un an. On veut encore l'améliorer et l'adapter à toutes les plateformes pour séduire encore plus d’utilisateurs. La monétisation n'est pas notre priorité.