L’impression 3D entre mirage et réalité

IMPRESSION 3D Une révolution se dessine avec ce nouveau procédé de fabrication. Déjà adopté par l’Industrie, son développement auprès du grand public paraît plus périlleux...

Christophe Séfrin

— 

Pour moins de 800 euros, il est désormais possible de s'offrir une imprimante 3D personnelle, comme la 3D FreeSculpt.
Pour moins de 800 euros, il est désormais possible de s'offrir une imprimante 3D personnelle, comme la 3D FreeSculpt. — PEARL DUFFUSION

Fantasme et réalité. L’impression 3D se démocratise et laisse entrevoir des possibilités de création infinies. Le principe: la fabrication d’objets avec une imprimante spécifique. Celle-ci recrée à base d’infimes couches de matière superposées des pièces dessinées sur ordinateur. «Le marché de l’impression 3D personnelle est en pleine explosion», constate Mathilde Berchon, auteur de «L’impression 3D» aux éditions Eyrolles. Selon le cabinet Gartner, 56 500 imprimantes 3D personnelles et professionnelles se vendront dans le monde cette année. Pour 800 euros, on peut investir dans une imprimante 3D, comme la 3D FreeSculpt que l’on peut acheter en ligne

L’industrie déjà bouleversée

Selon Clément Moreau, co-fondateur et DG de Sculpteo, spécialiste français de l’impression 3D, la technologie permet de réaliser trois types de choses: «des objets extraordinaires qui valent entre 5000 et 15000 euros, des petits objets basiques ou luxueux (coque de téléphone personnalisée, bijou...), mais aussi des moules industriels pour lesquels l’imprimante 3D apporte une vraie révolution». Sans oublier le prototypage de produits avant leur mise en fabrication. 

«Dans l’industrie, l’impression 3D a déjà complètement bouleversé la bijouterie de luxe, le secteur dentaire, ou le monde des prothèses auditives», confirme Mathilde Berchon. Et tout l’intérêt des fabricants se porte sur la customisation de masse, avec des impression rapides, à la demande, qui évitent de pré-fabriquer des objets en trop grandes quantités. Certes, mais pour les particuliers, la partie n’est pas encore gagnée.

Manque de fiabilité

«Même si l’intérêt du public est énorme, je reste assez dubitative sur ce que l’on va vraiment faire avec une imprimante 3D à la maison», s’interroge Marine Goy, journaliste spécialisée sur le site Les Numériques.com. «J’ai encore du mal à y croire. Les petits objets fabriqués restent cheap, avec des couleurs primaires que l’on ne peut pas mélanger», explique Marine Goy. «Pour l’heure, ce n’est pas très fiable, ça tombe en panne, et faut apprendre à s’en servir», explique Clément Moreau au sujet des imprimantes 3D grand public. Selon lui, c’est plutôt auprès de spécialistes de l’impression 3D que se tournera Monsieur-Tout-le-Monde pour commander et recevoir en quelques jours ses objets 3D. Un peu comme il le fait déjà pour imprimer ses photos.