Scandale Prism: Microsoft a collaboré… et les autres?

WEB Des documents top-secret publiés ce vendredi par «The Guardian» révèlent comment Microsoft a permis à la NSA d'intercepter les communications de ses utilisateurs. Le point sur la défense des autres géants américains du Web, également dans le viseur…

Annabelle Laurent

— 

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg à San Francisco le 15 octobre 2011.
Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg à San Francisco le 15 octobre 2011. — Paul Sakuma/AP/SIPA

Quand le scandale Prism a éclaté, le 6 juin, les géants du web ont d’abord nié, par une rafale de communiqués. Non, ils ne connaissaient pas même le nom de ce programme informatique mis en place par la NSA pour scanner les communications numériques échangées sur leurs neuf services (AOL, Apple, Facebook, Google, YouTube, Microsoft, Skype, Paltalk - très utilisé lors du Printemps arabe - et Yahoo!), comme le révélait Edward Snowden.

Jouer la transparence

L’administration américaine a ensuite confirmé l’existence de Prism. L’occasion pour elles de jouer la transparence, en publiant, sur six mois, le nombre de leurs clients concernés par les demandes de renseignements, avec un objectif très clair: prouver que seuls plusieurs milliers de clients étaient concernés. Qu’il n’y avait pas là un programme d’écoute à grande échelle.

Entre le 1er juillet et le 31 décembre 2012, Yahoo! et Facebook ont reçu 13.000 et 10.000 demandes. Suivent Google (8.438), Microsoft (7. 000) et Apple (5.000). Google n’a pas publié de chiffres, estimant que les intégrer à son «rapport de transparence» publié chaque année serait suffisant.

Des chiffres peu précis

Dans tous les cas, ces chiffres n’indiquent pas dans quelle mesure les demandes émanent du programme Prism. Et encore moins l’étendue de la collaboration entre chaque entreprise et la NSA. Les documents révélés ce vendredi par le Guardian révèlent pourtant à quel point celle-ci a pu être étroite pour Microsoft: la firme de Bill Gates serait allée jusqu’à fournir ses clés de cryptage Outlook et Hotmail à l’agence de renseignement.

Quelle a été exactement la nature de la collaboration de chacun? Pour l’heure, tous les groupes continuent de nier avoir donné à la NSA un accès direct à leurs serveurs.

La FIDH et la LDH réclament que leur rôle soit éclairci

Facebook protège «de manière agressive» les données de ses internautes, a assuré Ted Ullyot, le principal avocat de Facebook. Mercredi, dans un entretien au quotidien Le Monde, Erin Egan, responsable de la vie privée sur Facebook renchérissait: «Il n'existe en aucune façon d'accès direct de quiconque à nos serveurs. Jamais nous ne le permettrions.» Même discours chez Google, dont la déclaration la plus claire jusqu’alors a été celle de David Drummond, son vice-président: «Nous analysons chaque demande de renseignements et ne les satisfaisons pas toutes. Il n’y pas d’accès libre, ni direct, ni indirect, ni porte d’accès à nos données.»

Une défense ferme qui pourrait bien se fissurer si d’autres révélations venaient à détailler, comme pour Microsoft, la forme prise par leur collaboration avec la NSA. Jeudi, la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme ont ainsi déposé plainte à Paris contre X. Leur ambition: «viser à éclaircir le rôle joué par Microsoft, Yahoo, Google, Paltak, Facebook, YouTube, Skype, AOL et Apple».