«The Last of Us»: Un road-trip émouvant dans les ruines de l’humanité

Joel Metreau

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Ellie et Joel, héros du jeu vidéo «The Last of Us».
Ellie et Joel, héros du jeu vidéo «The Last of Us». — Sony / Naughty Dog

Le terrain avait bien été préparé. Avec la série des «Uncharted», le studio Naughty Dog avait livré des jeux d’action avec des héros pleins de charme. L’aventurier Nathan Drake était devenu un personnage charismatique, avec ses pérégrinations rocambolesques et ses cliffhangers qui l’inscrivaient dans un rythme de série télévisée. Avec «The Last of Us», le studio américain franchit une nouvelle étape dans la création de jeux vidéo, en exclusivité pour la PlayStation 3 de Sony.

Des personnages de fiction totalement crédibles

Naughty Dog réussit d’abord son tour de force en créant des personnages de fiction totalement crédibles et attachants. Soit Joel, un quadra endurci par les épreuves et physiquement marqué par la douleur, et Ellie, une jeune ado qui n’a jamais vécu qu’en zone de quarantaine et s’émerveille d’un rien. «The Last of Us» se déroule dans notre monde contemporain, une dizaine d’années après qu’une épidémie a frappé la terre et transformé les humains en «infectés», des zombies en somme. Presque malgré lui, Joel est chargé d’escorter Ellie à travers les Etats-Unis. «The Last of Us» se présente comme un road-trip nourri par des influences du comics The Walking Dead et du roman La Route de Cormac McCarthy. De ces deux êtres que tout sépare va naître au fur et à mesure une complicité d’abord timide. La force du jeu est de s’attarder sur des détails, hochement de tête ou soupir, des expressions en apparence insignifiante mais qui prolongent le réalisme des personnages. De plus, les dialogues collent toujours parfaitement aux situations et révèlent la personnalité des survivants qu’ils vont croiser.  

La luxuriance des graphismes

L’autre tour de force, c’est la luxuriance des graphismes, des sous-sols sombres du métro envahi par les eaux aux bourgades rurales, en passant par les intérieurs abandonnés des maisons, jonchés de débris. Dans ces derniers, Joel, que contrôle le joueur, va rechercher les munitions et les objets nécessaires à la confection d’armes comme de bandages. Dans ce jeu de tir à la troisième personne, on n’est jamais incité à affronter frontalement les adversaires, soldats, bandits ou infectés. Mais à les contourner en silence, pour économiser ses munitions. Rares, celles-ci ajoutent à la tension permanente suscitée par ce jeu. Car tout en obéissant aux codes du genre survival horror, « The Last of Us» s’en affranchit en proposant une histoire émouvante et intense, et pleine de rebondissements.

Une formidable bande originale

La formidable bande originale de Gustavo Santaolalla renforce le sentiment de solitude et l’impression d’être des survivants d’un monde où l’humanité est en péril -«Les derniers d’entre nous» pour traduire le titre original. Le compositeur argentin, qui a gagné deux fois l’oscar de la meilleure musique de film (pour Le Secret de Brokeback Moutain et pour Babel), égrène ses pincements de guitare acoustique, comme on laisserait filer de la poussière entre ses doigts.

 Le trailer du jeu :