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P2P : les magazines effeuillés sur Internet

P2P : les magazines effeuillés sur Internet

Après la musique et le cinéma, c'est au tour de la presse magazine et des éditeurs de manuels informatiques d'être débordés par l'échange sauvage de fichiers sur les réseaux peer to peer. Et ce, alors même que les premières offres légales arrivent en...
©2006 20 minutes

©2006 20 minutes

Après la musique et le cinéma, c'est au tour de la presse magazine et des éditeurs de manuels informatiques d'être débordés par l'échange sauvage de fichiers sur les réseaux peer to peer. Et ce, alors même que les premières offres légales arrivent en France. Cet été, Cyber Press Publishing et Hachette, via sa filiale HDS Digital, ont lancé des kiosques à journaux virtuels, proposant les versions numérisées de quelques centaines de titres de la presse magazine (L'Express, Première, Entrevue, etc.). Ciblant dans un premier temps les expatriés et la « génération connectée des 15-24 ans », selon Aymeric Beauguin, codirecteur général d'HDS Digital, ils vendent les revues à l'unité ou en pack, souvent à des prix préférentiels. Ces titres sont verrouillés par un système de gestion des droits numériques (DRM).

Seulement, sur le Web, se multiplient les kiosques à journaux « pirates » qui permettent, eux, de récupérer gratuitement des livres et des magazines du monde entier. Généralement situés en Chine, ces sites offrent une sélection impressionnante, organisée par catégories. Les titres peuvent être téléchargés directement ou par l'intermédiaire des réseaux P2P. Même si le phénomène affecte essentiellement pour l'instant la presse anglo-saxonne (Fortune, Scientific American, Vogue, etc.) et les éditeurs d'ouvrages informatiques (O'Reilly, McGraw-Hill, etc.), certains journaux français sont déjà touchés : Le Monde et L'Equipe et, dans une moindre mesure, La Tribune, Closer ou Entrevue. Leur version PDF est distribuée sur le réseau BitTorrent quelques heures après parution. Sous forme de fichiers gratuits, copiables à volonté, et encodés dans un format – le PDF – qui peut être lu sur tous les ordinateurs et les PDA.

Yaroslav Pigenet

Aucun kiosque numérique n'avoue à ce jour son chiffre d'affaires. Tout au plus un objectif : que la part du numérique atteigne un jour entre 5 % et 20 % des ventes de magazines. Les éditeurs insistent plutôt sur le fait de tester des usages, que ce soit la recherche par mots-clés, les bonus multimédias ou les liens. Pour Cyber Press, c'est également « un moyen de toucher des clients » supplémentaires tout en diminuant les coûteux invendus en kiosque.