Les concurrents de Google portent plainte à Bruxelles contre Android

HIGH-TECH Microsoft, Nokia ou encore Oracle accusent le géant de Mountain View d'abus de position dominante avec son OS mobile...

Anaëlle Grondin

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Une partie du robot Android devant le logo de Google.
Une partie du robot Android devant le logo de Google. — Mark Lennihan/AP/SIPA

Les plaintes contre Google n’en finissent plus. Après avoir scruté son moteur de recherche pour savoir si la firme de Mountain View favorisait dans les résultats ses propres services, la Commission européenne pourrait bien s’intéresser à son système d’exploitation (OS) mobile, Android. Le New York Times indique que l’autorité de la concurrence a reçu une plainte émanant d’un groupe baptisé FairSearch, regroupant près d’une vingtaine d’entreprises parmi lesquelles Microsoft, Nokia, mais aussi Oracle. Celles-ci accusent Google d’abus de position dominante avec son OS mobile. Les plaignants estiment ainsi que Google s'appuie sur Android afin d'imposer ses applications.

Thomas Vinje, leur avocat, affirme que les constructeurs partenaires d'Android sont tenus de mettre les applications de Google en évidence (Gmail, Google Maps, YouTube, etc.), en les plaçant par exemple sur le premier écran d'accueil. Pour les membres de FairSearch, ces applications sont proposées par défaut à l'utilisateur au détriment des offres concurrentes. «Google utilise son système d'exploitation pour mobiles Android comme un "cheval de Troie" pour tromper ses partenaires, monopoliser le marché des mobiles et contrôler les données des consommateurs», a dénoncé l’avocat dans un communiqué. Cela place Android en position de contrôler les données des consommateurs dans un marché mobile qu'il domine largement, ajoute Me Vinje.

Un système de «labellisation» pour les moteurs de recherche? 

Les plaignants regroupés dans FairSearch sont les mêmes que ceux qui s'opposent à Google dans l'enquête ouverte par la Commission européenne en novembre 2010 pour abus de position dominante. Le commissaire européen chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, interviewé dans le New York Times ce mardi sur le cas Google, n’a pas fait de commentaire sur cette nouvelle plainte concernant Android. En revanche, il affirme qu'il doit recevoir des propositions du géant de Mountain View dans le cadre de l'enquête principale concernant les moteurs de recherche. Pour la Commission européenne, les services de Google dans les résultats de recherches doivent pouvoir être clairement identifiés pour que les internautes soient libres de choisir. «Je ne sais pas si on peut appeler cela une labellisation, mais il faut les distinguer», a expliqué Joaquin Almunia.

La semaine dernière, six agences de protections des données personnelles européennes (dont la Cnil) ont lancé une action concertée contre Google, estimant qu'aucun progrès n'avait été réalisé sur le front de la politique de confidentialité unifiée de l'entreprise  jugée non conforme à la directive européenne sur la protection des données. Le géant américain risque des amendes pouvant aller jusqu'à 300.000 euros. Dans l'absolu, il s'agit d'une goutte d'eau face aux 50 milliards de chiffre d'affaires réalisés en 2012. En revanche, entre les questions de vie privée et sa position dominante sous surveillance des deux côtés de l'Atlantique, il semble de plus en plus difficile pour Google de protéger son image.