Julian Assange s'alarme des pressions exercées par Washington sur les réseaux sociaux
HIGH-TECH•Dans les colonnes de «L'Express» et du «Point», le fondateur de WikiLeaks accuse les géants comme Facebook et Twitter d'être trop dociles vis-à-vis des autorités américaines et de leur communiquer le contenu de conversations privées...A.G.
«Twitter et Facebook sont aux ordres de Washington». Depuis l'ambassade de l'Equateur à Londres, où il a trouvé refuge en août, Julian Assange poursuit son offensive à l’encontre du gouvernement américain.
Le fondateur du site WikiLeaks, qui embarrasse les Etats-Unis depuis 2010, publie ce jeudi l’ouvrage Menace sur nos libertés, Comment Internet nous espionne, comment résister*. L’occasion pour l’ennemi des autorités américaines d’appeller les citoyens à lutter contre l’intrusion des Etats et des grandes entreprises dans leur vie, et contre la disparition progressive de leur intimité.
«Facebook est l’une des organisations les plus dociles»
Dans une interview vidéo mise en ligne par LePoint.fr, le fondateur de WikiLeaks accuse les Etats-Unis d'avoir instrumentalisé les réseaux sociaux, dont Twitter et Facebook. Il reproche à ces entreprises privées de communiquer aux autorités le contenu de conversations privées, voire de suspendre certains comptes gênants. «Au cours de l’année dernière un nombre important de comptes Twitter avec des dizaines de milliers d’abonnés, comme Anonymous Suède, ont été fermés. La pression sur Twitter pour fermer des comptes politiquement problématiques est maintenant assez forte pour que ça se produise. Du coup ça arrive assez souvent, explique Julian Assange. C’est très sérieux. (…) Qui contrôle cette pression est capable d’éliminer les voix dissonantes.»
Il poursuit en s’attaquant cette fois au réseau social de Mark Zuckerberg qui revendique plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde: «Facebook a remis une grande quantité d’informations sous le prétexte de la sécurité nationale. Facebook ne semble pas résister à cette pression». L’Australien affirme même que l’entreprise californienne est «l’une des organisations les plus dociles».
«Joe Biden et Barack Obama sont des cyberterroristes. Pas moi.»
«Cri d'alarme salutaire... ou délire paranoïaque?», s’interroge de son côté L’Express, qui a également rencontré le fondateur de WikiLeaks à Londres. Le programmeur de 41 ans va plus loin dans ses colonnes lorsqu’il dénonce le contrôle d’Internet par les pays occidentaux: «Sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue ou la pédopornographie, les politiciens mettent en place un arsenal législatif qui permet la surveillance de masse sur la Toile. En réalité, il s'agit pour eux de maintenir leur contrôle et de faire reculer la liberté.» Julian Assange va même jusqu’à lâcher: «Joe Biden et Barack Obama sont des cyberterroristes. Pas moi.»
Dans son dernier «Transparency Report» publié le 24 janvier 2013, Google indique que le nombre de demandes émanant de gouvernements pour obtenir des informations sur les internautes ne cesse d’augmenter. Et pas seulement dans les pays «ennemis d’Internet» comme la Chine, la Syrie ou encore l’Iran. D’après les données mises en ligne par le géant de Mountain View, les autorités françaises sont celles, avec leurs homologues américaines, qui sollicitent le plus l’entreprise pour avoir des renseignements sur ses utilisateurs. «Nous examinons chacune des demandes pour nous assurer qu'elle respecte à la fois l'esprit et le texte de la loi, et sommes parfois amenés à refuser de fournir les informations demandées ou à les limiter», assure le géant américain.
Du côté de Twitter, qui a rendu public un rapport similaire en janvier, même constat: l’appétit des autorités pour les informations d’ordre privé est de plus en plus féroce.



















