L’e-encyclopédie tourne la page du papier

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 Pour préparer un exposé ou se documenter, les moteurs de recherche ne sont pas la panacée. Car comment trier la bonne info de l’ivraie dans lamasse de ressources disponibles en ligne ? Une solution : les encyclopédies sur CD-Rom ou DVD-Rom,qui existent depuis 1992. Elles offrent des informations fiables, mises à jour en ligne, proposent une recherche rapide et une navigation ludique, avec sons et séquences vidéo. Dans cet univers, les ténors s’appellent Microsoft (Encarta monopolise 60%des ventes d’encyclopédies en France), Universalis, Larousse et Hachette. De 30 à 140 g,ils couvrent les savoirs du primaire à l’université. Pourtant, il n’est pas simple de choisir. « Mettre en avant le nombre d’articles proposés n’a plus de sens », indique-t-on chez Microsoft, qui privilégie un « écosystème » en incorporant les annales du bac ou un dictionnaire monolingue anglais. De son côté, Universalis cible  une clientèle assez mûre, « même si l’électronique nous a permis de rebondir vers une utilisation plus familiale », précise l’éditeur. « Nous privilégions le
plaisir de la recherche, l’ergonomie et le ludique, souligne-t-on chez Larousse. Expliquer le fonctionnement du coeur grâce à une animation en 3D, c’est beaucoup plus parlant. » Résultat, des ventes globales annuelles stabilisées autour de 100000 logiciels, avec un volume de mises à jour en ligne (pour 60 g env.par an) très variable, de 6000 pour Encarta à 60000 environ pour Universalis. L’encyclopédie papier y survivra-t-elle ? « Le marché est devenu inexistant », assène Larousse. « Ce créneau correspond désormais à une niche d’amoureux », tempère Universalis, dont l’encyclopédie en 26 volumes à 2880 g ne s’écoule
plus qu’à 3500 exemplaires désormais contre 17000 en 1995. « Dire que le papier a encore de beaux jours devant lui serait présomptueux. »

Christophe Séfrin