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Retraités morts de froid: Des systèmes de géolocalisation au secours des personnes âgées dépendantes

Retraités morts de froid: Des systèmes de géolocalisation au secours des personnes âgées dépendantes

SOCIETELe gouvernement veut étudier la possibilité de placer les personnes atteintes de troubles cognitifs sous une saine surveillance...
Corentin Chauvel

Corentin Chauvel

Après la mort d’une nouvelle personne âgée dans le parc d’un Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) du Rhône, la ministre déléguée chargée des personnes âgées, Michèle Delaunay, a indiqué que le Comité national pour la bientraitance et les droits des personnes âgées et des personnes handicapées, installé ce mardi, étudiera notamment la mise en place de systèmes de géolocalisation pour les personnes âgées dépendantes.

«Ce ne sera pas une généralisation, mais une aide au cas par cas pour aider les familles et les établissements accueillant des personnes qui ont des troubles cognitifs», explique-t-on au cabinet de Michèle Delaunay, joint par 20 Minutes. «Il faut mettre la technologie au service des personnes âgées, sans que cela soit de la surveillance, mais pour au contraire leur permettre d’avoir plus de liberté et de sérénité», ajoute-t-on.

Des propositions concrètes d’ici l’automne

Le ministère précise que cette initiative n’est pas née des récents décès de personnes âgées dépendantes, mais qu’elle était déjà prévue dans les travaux du Comité national qui devra aussi traiter du suicide des personnes âgées ainsi que de leurs droits, qu’elles soient à domicile ou en établissement spécialisé. Un point d’étape devrait être livré d’ici le moins de juin avant un rapport à l’automne comprenant «des conclusions et des propositions concrètes et applicables».

Les systèmes de géolocalisation de personnes dépendantes existent déjà, et en nombre. La revue de l’Institut national de consommation (INC), 60 millions de consommateurs, en avait testé une sélection en novembre 2011 et le résultat était loin d’être convaincant. Ils «répondent à une vraie demande (15 % des disparitions inquiétantes recensées concernent des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer, ndlr), mais les offres sont décevantes», estimaient les auteurs du test.

Pas efficaces ou trop complexes

Les appareils de géolocalisation prennent des formes diverses (médaillon, bracelet ou téléphone), mais présentent le même principe: transmettre «la position du porteur à une plateforme d’assistance ou à un proche» et «permettre d’engager une conversation téléphonique en cas de problème», décrit 60 millions de consommateurs.

La conclusion était toutefois sans appel pour l’utilisation intrinsèque à ces systèmes: «Certains appareils sont simples à utiliser, mais pas efficaces, d’autres sont trop complexes à l’usage. Résultat, aucun panéliste n’a souhaité les utiliser au-delà du premier mois de test!»

Abonnement douteux, éthique à étudier

Sans oublier l’abonnement à ces appareils – d’environ 400 à 750 euros par an - dont certains sont douteux. «On peut souscrire un abonnement sans connaître ni sa durée ni son prix exact, et sans être certain qu’il sera éligible aux aides fiscales, pourtant mises en avant», écrit la revue. Au final, les testeurs ont été incapables de recommander un seul des huit systèmes testés.

Et l’INC s’est également posé la question de l’éthique liée à leur utilisation: les personnes munies du système ont-elles leur mot à dire ou y seront-elles contraintes? Ce sera au Comité national pour la bientraitance et les droits des personnes âgées et des personnes handicapées de trouver des réponses à toutes ces interrogations.