Le multimédia éducatif sur les rangs

— 

 Adibou, Lapin malin ou Oncle Ernest. Les ténors des CD-Rom parascolaires ont retrouvé le chemin des écoliers. « Les ventes décollent dès fin août »,constate-t-on chez Mindscape,poids lourd du multimédia éducatif. Dans les rayons,deux types
de produits vendus entre 5 et 100 g :les CD-Roms ludoéducatifs, plutôt généralistes, et ceux de soutien, centrés sur les programmes, de la maternelle au bac. Ils représentent au total 13%des ventes de CD-Rom en France,un chiffre en hausse de 17 % au premier semestre avec l’arrivée de licences fortes comme «Dora » ou « C’est pas sorcier ».«Mais les ventes sont inversement proportionnelles à l’âge, plus les enfants sont grands, moins ils sont prescripteurs de CDRomd’accompagnement » note Mindscape. «C’est pour les parents que ce type d’achat est rassurant
», sourit Marc, vendeur chez Auchan. Oui,mais avec quels résultats? Pour Bruno Devauchelle, pédagogue formateur et chercheur au Cepec de Lyon, il s’agit surtout d’« accompagner l’enfant dans ses usages ». Aussi bien conçus soient-ils, ces produits « offrent un ersatz d’école qui gomme la dimension affective ». Si un enfant réussit en classe, le CD-Romle confortera dans sa soif de découverte.S’il est en difficulté,il risque fort de ne pas l’aider. Sans doute certains parents préféreront-ils se tourner vers Internet. Des profs y
font des heures sup avec leurs élèves par webcams interposées, et une dizaine de sites proposent du soutien en ligne. « Ce type d’outil commence à être considéré comme efficace par les familles », constate Patrice Magnard, PDG du leader Maxicours,
dont les 12000 élèves accèdent à tous les contenus de leur niveau pour moins de 10 g par mois. Mais « la qualité de ces cours dépendra de l’interactivité qu’il y aura derrière », prévient Bruno Devauchelle. Selon les prévisions, lemarché devrait exploser d’ici à 2010.

Christophe Séfrin