Recherché pour meurtre, John McAfee se dit innocent

P.B. avec AFP

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L'ex-informaticien John McAfee, qui avait créé l'antivirus du même nom.
L'ex-informaticien John McAfee, qui avait créé l'antivirus du même nom. — SAN PEDRO SUN

Des flingues, des drogues psycho-actives, des chiens empoisonnés, les Caraïbes et un cadavre. Ce n'est pas le scénario du dernier épisode des Experts Miami mais bien l'étrange fait divers impliquant John McAfee, l’excentrique fondateur de la société éditrice de l'antivirus éponyme. Recherché pour le meurtre présumé de son voisin à Belize, il se dit innocent. Mais refuse de se rendre aux autorités du pays, qu'il accuse de mener une «vendetta» contre lui.

En cavale, McAfee a accordé une interview à Wired, lundi, dans laquelle il se dit innocent. Interrogé à propos des coups de feu qui ont tué Gregory Faull, le pionnier de l'industrie antivirus a déclaré qu'il ne savait rien à part qu'on avait tiré sur son voisin. «J'ai pensé que les tueurs venaient peut-être pour moi et qu'ils l'ont confondu avec moi. Ça m'a fait peur», explique le sexagénaire peroxydé, qui a eu affaires à des gangs locaux à plusieurs reprises depuis qu'il est venu profiter d'une retraite dorée dans ce paradis tropical.

Caché dans le sable

Il explique qu'il s'est ensuite caché pour échapper aux autorités, venues effectuer une perquisition chez lui le dimanche matin. Il s'est enfoui dans le sable, avec une boîte en carton sur la tête pour pouvoir respirer. «C'était très inconfortable. Mais ils m'auraient tué s'ils m'avaient trouvé», jure-t-il. «Vous pouvez dire que je suis paranoïaque à ce sujet, mais ils veulent me tuer, c'est sûr. Ils essayent de m'avoir depuis des mois. Ils veulent me contraindre au silence. Je ne suis pas trop aimé par le Premier ministre. Sous aucun prétexte je n'irais parler de mon plein gré à la police de ce pays», poursuit-il

Les policiers ont perquisitionné la résidence de McAfee il y a plusieurs mois à la recherche d'armes et de drogue, et ils l'ont placé en garde à vue pendant plusieurs heures. Ils avaient trouvé John McAfee, 67 ans, avec sa «girlfriend», une jeune fille de 17 ans, et plusieurs gardes du corps armés d'une demi-douzaine de fusils à pompe.

Chiens empoisonnés

Selon des reporters de Wired et Gizmodo sur place, McAfee disposait d'un laboratoire avec lequel il expérimentait pour mettre au point des drogues psychoactives, notamment des méthamphétamines. La police l'avait également accusé de fabriquer des antibiotiques mais ne l'avait finalement pas inculpé.

McAfee avait alors affirmé qu'il avait été arrêté parce qu'il refusait de faire une donation à un politicien local. Lorsqu'il a vendu les parts de sa société à la fin des années 90, sa fortune était estimée à plus de 100 millions de dollars, mais elle aurait fondu lors de la crise financière.

Si la police le soupçonne du meurtre de son voisin, c'est qu'un différent a opposé les deux hommes. Gregory Faull s'était notamment plaint du bruit, il y a quelques mois. Peu de temps après, les quatre chiens de garde de McAfee avaient été empoisonnés. L'informaticien estime cependant que «jamais» son voisin n'aurait fait de mal à des animaux. Il accuse la police, affirmant avoir vu un commando débarquer sur l'île 30 minutes avant de retrouver ses chiens morts. Interrogé par Wired, la police dément et répète qu'elle veut simplement faire son boulot et interroger son suspect numéro 1.