Windows 8, un système résolument différent

TEST Souvent pour le meilleur mais parfois pour le pire...

Philippe Berry

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L'écran de démarrage de Windows 8 et le bureau classique mis côte à côte.
L'écran de démarrage de Windows 8 et le bureau classique mis côte à côte. — PHOTOMONTAGE 20MINUTES

S'adapter ou mourir. Pendant qu'Apple écoulait 100 millions d'iPad en 2,5 ans, les ventes de PC ont ralenti, en baisse de 8,5% au dernier trimestre –la chute la plus forte depuis 10 ans. Avec Windows 8, Microsoft veut revenir dans la partie grace à un système repensé pour le tactile

>> Les différences entre les versions de Windows à lire ici

Performance

Microsoft a retenu les leçons de Vista. Windows 8 tourne même sur des configurations modestes, comme un PC portable de 2007. L'entreprise conseille au moins 1 Go de RAM, mais mieux vaut en compter au moins 2 ou 3 Go, surtout quand on a beaucoup de programmes et d'onglets Internet ouverts.

C'est sur les machines modernes (avec disque dur à mémoire flash) que Windows 8 brille: il démarre en une quinzaine de secondes et se réveille instantanément, comme le Macbook Air d'Apple. Surtout, il ne souffre plus de ces ralentissements habituels après six mois d'utilisation. Et en cas de besoin, il propose une fonction «refresh» qui fait du ménage en conservant les apps, les réglages et les fichiers (la liste des programmes éventuellement désinstallés est fournie).

Interface utilisateur

C'est le plus gros changement. On en parle longuement ici: Windows 8 est un OS bicéphale, pensé à la fois pour la productivité et le loisir. L'hémisphère de gauche comprend l'ancien desktop et les programmes traditionnels PC. Celui de droite se transforme en un hub de démarrage moderne, avec des vignettes dynamiques et modulables. On y trouve les apps (anciennement appelées «Metro»), surtout conçues pour le tactile et le plein écran mais on peut également ajouté des raccourcis vers ses logiciels préférés. Le plus, c'est la personnalisation, héritée du monde des smartphones. On peut voir d'un coup d'oeil les prochains rendez-vous de son calendrier, les flux des réseaux sociaux sur la vignette de ses contacts etc.

La navigation est-elle efficace? Dans les faits, cela dépend principalement de sa machine. Sur tablette ou PC portable tactile, ou même avec un clavier équipé d'un touchpad/track pad moderne, les gestes deviennent vite instinctifs. Rapidement, on devient même ultra-productif.

Avec le duo clavier-souris, en revanche, l'apprentissage est pénible. Les quatre coins de l'écran sont transformés en zones interactives (passer d'un programme ou d'une app à l'autre, faire apparaître les menus secondaires, baptisés «Charms») et on déclenche parfois des actions involontairement, notamment quand on cherche à fermer une fenêtre via la croix en haut à droite. Heureusement les anciens raccourcis clavier fonctionnent et des nouveaux permettent de gagner en efficacité.

Fonctionnalités

Passer d'un environnement à l'autre n'est souvent pas très naturel. Le principal souci, c'est que Microsoft force par défaut l'utilisateur dans son nouvel univers. A moins de bidouiller, on ne peut pas démarrer directement sur le bureau. Et le bouton «démarrer», lui, a carrément disparu, remplacé par un raccourci qui transporte vers le hub de lancement moderne.

Le plus gênant reste «l'effet doublon» entre les deux mondes. On se trouve parfois propulsé contre son gré de l'un à l'autre et forcé d'utiliser par défaut des apps modernes plein écran moins fonctionnelles que leur équivalent desktop. Quand on travaille, le plein écran est contreproductif. Même si Windows 8 permet d'avoir deux applications l'une à côté de l'autre, on perd l'accès au reste du bureau. Un tour dans les réglages s'impose donc pour choisir les programmes par défaut (pour ouvrir une image, un document PDF etc.).

Internet Explorer 10 n'a plus à rougir face à la concurrence mais l'utilisateur déjà investi dans Firefox et Chrome n'a pas vraiment d'intérêt à les abandonner, surtout s'ils sont synchronisés entre ses différentes machines (tablette, smartphone et PC). Le bon point: un mode «ne m'espionne pas» plus respectueux de la vie privée.

Microsoft embrasse la modernité avec Skydrive, sa solution de stockage dans le cloud directement intégrée à Windows et à Office. L'utilisateur doit choisir son camp entre cette solution, Google Drive et l'iCloud d'Apple car dans la pratique, jongler entre les services n'a que peu d'intérêt. La fonction de sauvegarde système, elle, est enfin complète et facile à utiliser.

La conclusion

Windows 8 est un pari qui s'avère payant à condition d'avoir le bon hardware. Il permet de proposer des tablettes et des PC hybrides qu'on peut à la fois utiliser pour le loisir et la productivité, ce qui n'est pas encore le cas pour iOS et Android. En revanche, malgré une meilleure optimisation et quelques nouvelles fonctions intéressantes, migrer depuis un PC sous Windows 7 se révèle parfois frustrant, avec une nouvelle interface souvent forcée et pas toujours utile.