Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Facebook: La Cnil continue son enquête (mais risque de ne rien trouver)

Facebook: La Cnil continue son enquête (mais risque de ne rien trouver)

WEBLa commission, qui a reçu des responsables de Facebook France, mardi, devrait conclure à l'inexistence d'un bug...
Philippe Berry

Philippe Berry

L'enquête sur le «bug» Facebook continue. «À ce stade des échanges, il ressort que des investigations complémentaires doivent être menées afin de déterminer si des messages privés ont effectivement été rendus publics», écrit la Cnil, mardi, après avoir reçu les responsables de Facebook France.

>> Que s'est-il passé sur votre Timeline? Nos réponses ici

Lundi, Facebook a démenti tout bug. «Les messages sont de vieux posts du wall qui ont toujours été visibles sur les profils des utilisateurs», écrit le réseau.

De fait, la Commission nationale de l'informatique et des libertés reconnaît «que la généralisation de la nouvelle fonctionnalité Timeline, rendant plus facilement accessibles des messages anciens, a participé de la confusion des utilisateurs».

Comme nous vous l'expliquions ce mardi matin, malgré les affirmations de milliers d'internautes jurant que leurs conversations intimes se sont retrouvées mélangées à d'anciens posts du wall, pas un seul n'a été en mesure de prouver que des messages privés de leur boîte de réception avaient bien été divulgués.

Prise de conscience

La confusion de la Timeline, en place depuis longtemps aux Etats-Unis mais qui continue d'être progressivement déroulée dans le monde entier, c'est que de vieux posts se retrouvent accessibles en deux clics, alors qu'ils étaient enterrés dans les anciens profils. Surtout, à l'époque (2007-2010), de nombreux internautes n'avaient que quelques amis proches dans leur réseau (pas de boss ni de parents). Certains n'avaient pas compris que les messages échangés de wall à wall, qui pouvaient ressembler à une conversation, étaient déjà visibles de tous.

Lors du passage à Timeline, Facebook avait prévenu: «Vous aurez sept jours de prévisualisation pour ajouter ou cacher ce que vous voulez avant que tout le monde ne puisse le voir.» Beaucoup d'anciens posts étant publics par défaut, Facebook a mis en place la fonction «Limiter la visibilité des anciennes publications (ici) qui permet de restreindre l'audience des anciens posts du Web tout entier à «juste ses amis».

Sauf coup de théâtre, la Cnil devrait constater qu'il n'y a pas eu de bug mais une simple erreur «humaine». Comme le rappelle la Commission, lors de l'enfance des réseaux sociaux, peu d'utilisateurs se souciaient de leur identité numérique –et ceux qui s'en inquiétaient n'étaient pas aidés par les changements constants de Facebook sur les réglages de vie privée. Cet épisode aura au moins eu le mérite d'aider à la prise de conscience.

S'il y a eu un bug, voici la seule façon de le prouver

Soit remonter l'historique d'une conversation dans son inbox et identifier (via une capture d'écran) le même message présent dans le module «XXX amis ont posté sur votre timeline» dans le bilan par année.

Soit, en supposant que les messages aient été déplacés (ce qui n'est pas possible, selon Facebook, car les systèmes sont séparés), remonter dans les notifications dans sa boîte mail associée (si on ne les a pas désactivées) et trouver un courrier «Untel vous a envoyé un message» (et pas «untel a écrit sur votre mur») correspondant à une conversation visible sur la Timeline.

Avec 950 millions de comptes actifs, un tel bug aurait laissé beaucoup de traces.