Agnès Buzyn annonce l'ouverture d'une enquête après une vidéo d'une fillette accusant son père de viol

GLACANT La vidéo montre une petite fille hurler et supplier les infirmières et les policiers présents de ne pas la rendre à son père qu’elle accuse d’abus sexuels

Manon Aublanc

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Un enfant reçu par une éducatrice, le 24 avril 2008 à Paris à l'institut médico-éducatif. (illustration)
Un enfant reçu par une éducatrice, le 24 avril 2008 à Paris à l'institut médico-éducatif. (illustration) — FRANCK FIFE / AFP

« Face aux images, chacun veut comprendre les circonstances de ces cris glaçants ». Une enquête a été ouverte après la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo d’une petite fille accusant son père de violences sexuelles, a annoncé Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, mercredi sur son compte Twitter.

La vidéo, publiée ce jeudi par Marie-Claire et largement relayée sur les réseaux sociaux, montre une petite fille hurler et supplier les infirmières et les policiers présents de ne pas la rendre à son père qu’elle accuse d’abus sexuels.

« Je ne veux pas qu’il pose son sexe sur mon sexe »

« Je ne veux pas le voir », déclare en pleurant la fillette de 9 ans prénommée Lily-Rose, selon nos confrères. « Je ne veux pas qu’il pose son sexe sur mon sexe ». Selon Marie-Claire, l’enregistrement vidéo aurait été fait par un membre du personnel médical, témoin de la scène.

« Un médecin vient nous voir et nous dit que nous ne sommes pas dans un tribunal mais dans un hôpital, et il nous demande de quitter l’hôpital (…) Lily est partie avec son père, encadrée de policiers », a raconté la femme qui a filmé. « Sa mère était en larmes, tenant à la main deux sacs de peluches à sa fille, impuissante car elle vient d’être condamnée à 9 mois de prison ferme pour n’avoir pas envoyé sa fille chez un père dont elle dénonce les agissements depuis l’âge [de sa fille] de 4 ans et demi », a-t-elle ajouté.

La mère condamnée pour non-respect du droit de visite et d’hébergement

A la suite de la diffusion de la vidéo, plusieurs internautes ont interpellé la police nationale et l’ont signalé via la plateforme Pharos. Une enquête a été ouverte.

De son côté, Adrien Taquet, le secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, a qualifié la vidéo d'« insoutenable », avant de remercier les internautes pour leur « vigilance ».

Renaud Gaudeul, le procureur de la République à Fort-de-France, a livré quelques précisions à RCI, la radio des Antilles. « Il y a eu effectivement une plainte déposée il y a plusieurs années pour des faits d’attouchements. Simplement ces faits ont été classés sans suite – classement sans suite qui n’a pas été contesté par qui que ce soit », a-t-il expliqué. Il a également précisé que la mère de famille a été condamnée pour ne pas avoir respecté le droit de visite et d’hébergement octroyé au père en juillet 2015.