Rennes: Une enfant violée pendant des années par «un ami» sous les yeux de ses parents

PROCES L’agresseur présumé et les parents sont jugés cette semaine devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine...

C.A.

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L'entrée d'une salle d'audience au sein de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes.
L'entrée d'une salle d'audience au sein de la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, à Rennes. — C. Allain / 20 Minutes
  • Agé de 65 ans, Roland Blaudy y est jugé pour viol et agression sexuelle sur mineur.
  • L’homme, « un ami » des parents de Karine, était hébergé sous le même toit alors que la jeune fille n’avait que cinq ans. Il est accusé de l’avoir violée régulièrement.
  • Les parents sont aussi jugés : la justice leur reproche de ne pas avoir dénoncé les viols et d’avoir fait pression sur leur fille pour ne pas qu’elle parle

Elle fêtera ses 21 ans samedi, au lendemain du dernier jour du procès aux assises. Treize ans après la fin de son calvaire et après neuf années de procédure, la jeune femme a revu ce mardi ses parents et son agresseur présumé dans le box des accusés de la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, à Rennes. Agé de 65 ans, Roland Blaudy y est jugé pour viol et agression sexuelle sur mineur.

L’homme, « un ami » des parents de Karine, était hébergé sous le même toit alors que la jeune fille n’avait que cinq ans. Cet homme a déjà été condamné à de la prison pour des faits à caractère sexuel sur mineur, rapporte Europe 1, qui a recueilli le témoignage de la victime. Régulièrement, il se rend dans la chambre de l’enfant, se débrouille pour être seul avec elle. « Ils l’ont forcément vu venir me chercher », assure la victime en parlant de ses parents.

Ces derniers sont également jugés depuis mardi devant la cour d’assises pour « subornation de témoin », précise Le Parisien. La justice leur reproche de ne pas avoir dénoncé les viols et d’avoir fait pression sur leur fille pour ne pas qu’elle parle. « Ils savaient très bien ce qui se passait chez eux », a-t-elle expliqué au Parisien.

Pas moins de 14 signalements à la justice

Dès sa naissance en 1997, l’enfant a pourtant été suivi par les services sociaux. Et pour cause. Dix ans plus tôt, sa mère avait écopé de huit ans de prison pour avoir tué son nouveau-né de 180 coups de couteau. Un bébé issu d’un viol, selon elle. « Il y a eu pas moins de 14 signalements à la justice entre 1998 et 2005, aucun n’a abouti », dénonce la tante de la victime au quotidien. Pour ce motif, Karine a également décidé de porter plainte contre l’État pour faute lourde.

L’enfant qu’elle était a attendu des années avant d’oser parler, « par peur des représailles ». C’était en 2009. Neuf ans plus tard, elle a revu pour la première fois ses parents dans la salle d’audience de la cour d’assises. « Pour moi, ils n’existent plus, c’est comme s’ils étaient morts », a-t-elle confié au Parisien. Le verdict est attendu vendredi.